Avec déjà 7 victoires au compteur en ce début 2026 (en ce compris le chrono par équipe à Majorque), Remco Evenepoel arrivait en leader sur cet UAE Tour au pied de cette première arrivée en altitude : la redoutable Jebel Mobrah, un monstre inédit avec ses 14,9 km à 12 % de moyenne sur la partie finale, et des rampes qui montent jusqu’à des pourcentages inhumains. Malheureusement, le Belge a craqué à environ 3 km du sommet.
S’est-il mis dans le rouge trop tôt en voulant répondre à l’attaque de Felix Gall ? Probablement.
A-t-il souffert de crampes sur les pentes les plus raides ? Les images et son visage en disaient long…
Est-ce dramatique en février ? Absolument pas !
Rappelons que dans les courses d’ouverture (Tour de Valence, Mallorca Challenge, etc.), Remco a dominé sans trembler face à des grimpeurs comme João Almeida ou Antonio Tiberi lui-même vainqueur aujourd’hui. Ses capacités en bosse restent intactes sur des ascensions « normales ».
On rappellera aussi quelques victoires de prestige de Remco en altitude, comme celles au Picon Blanco et au sommet de l’Alto del Piornal, ou de son record de montée de Las Praeres (Vuelta 2022).
Alors pourquoi ce craquage est-il finalement logique ?
Remco n’est pas un pur grimpeur à la Pogacar ou Vingegaard, capable de briller d’entrée sur des cols longs et très pentus sans préparation spécifique. C’est un coureur ultra-complet : explosif sur le plat, monstrueux en chrono, redoutable dans les bosses courtes… mais en haute altitude et sur des pourcentages extrêmes comme aujourd’hui (>10-12 % sur plusieurs km), il a besoin d’un ingrédient clé qui revient chaque année : un stage en altitude.
INDISPENSABLES STAGES EN ALTITUDE
Sierra Nevada, Teide, Livigno… ces camps lui apportent les fameux « quelques pourcents » d’adaptation qui font la différence quand l’oxygène se raréfie, et on le constate d’année en année.
En ce début de saison 2026, ces stages n’ont pas encore eu lieu. On y ajoute à cela la fatigue accumulée après un chrono très intense la veille, la chaleur, le vent du désert et une montée inédite ultra-sélective (surnommée parfois « l’Angliru du Moyen-Orient »), et le cocktail est parfait pour un jour sans.
UNE REVANCHE EN PERSPECTIVE
On connaît Remco : son ego, sa détermination à toute épreuve et surtout sa capacité à rebondir après un coup dur. Il déteste perdre, et… paradoxalement ces moments le galvanisent. Comme si le fait de se mettre parfois dans une mauvaise posture lui servait de carburant pour rebondir.
Il aura peut-être déjà à cœur de se racheter dès les prochaines étapes, notamment sur Jebel Hafeet plus tard dans la semaine. Ce serait du Remco tout craché…
