Alors que les Jeux Olympiques d’hiver battent leur plein actuellement, l’UCI et de nombreux coureurs militent et soutiennent pour que le cyclo-cross devienne une discipline olympique. Il en va de même pour de nombreux fans qui se demandent, à juste titre, pourquoi ce n’est pas encore le cas !
Néanmoins, certains coureurs sont moins enthousiastes comme Thibau Nys par exemple : « Il ne voit pas l’intérêt « , qui se contenterait déjà volontiers de l’engouement actuel sur les cross en Belgique et aux Pays-Bas. Il reconnaît toutefois que sa génération pourrait en tirer profit si le projet voit le jour en 2030 !
Il est vrai que ce sport est avant tout un sport hivernal, même si il n’est pas considéré comme sport de glisse à la base. Quoiqu’à bien y penser, dans certaines conditions, il pourrait facilement le devenir.
Par rapport à cette sortie de Nys junior, il ne faut pas oublier que depuis de nombreuses années, des spécialistes du cyclo-cross se sont tournés vers d’autres disciplines « Olympiques » afin de pouvoir participer à la course aux anneaux et pouvoir espérer entrer au panthéon du sport avec une jolie breloque autour du cou.
Citons chez nous Sven Nys, le père de Thibau, qui s’était tourné vers le VTT afin de caresser le rêve Olympique, en réalisant un top 10 en 2008 à Pékin.
Mais le problème est ailleurs, tout le monde ne peut pas changer de discipline, comme on change de chemise à l’image des VDP, Pidcock, Van Aert, PFP…pour ne citer qu’eux ! Mais hormis cette vitrine mondiale importante que sont les Jeux, et les potentielles médailles, l’enjeu est important pour certains organismes et fédérations sportives : un exemple interpellant, en Belgique francophone, les athlètes ayant un contrat de sportif de haut niveau subventionné par l’Adeps, pourraient faire du cyclo-cross comme principale activité, si et seulement si, la discipline était reconnue « olympique »…
Triste mais vrai, plusieurs espoirs de la discipline en Wallonie doivent donc prester dans d’autres disciplines (olympiques) et y performer pour pouvoir bénéficier d’un contrat Adeps. L’an dernier Clément Horny a enchaîné rapidement avec le VTT après sa saison de cross, tout comme Antoine Jamin, qui avait même, décliné une sélection nationale aux mondiaux U23, pourtant largement méritée.

UNE FORTE OPPOSITION DES FEDERATIONS
Le groupe Winter Olympic Federations (ou Association of International Olympic Winter Sports Federations, AIOWF), qui regroupe les fédérations dirigeantes de disciplines comme le ski, le biathlon, le bobsleigh, la luge, le patinage, etc., s’est fermement opposé à cette idée.Leur argument principal : ajouter le cyclo-cross (et le cross-country running, défendu par World Athletics) diluerait « la marque, l’héritage et l’identité » des Jeux olympiques d’hiver, qui doivent rester centrés sur les sports pratiqués sur neige ou glace (conformément à la Charte olympique actuelle).
Ils ont qualifié la proposition d’approche « piecemeal » (morcelée ou fragmentaire) et ont publié un communiqué officiel en novembre 2025 pour exprimer leur refus.Cette opposition a été rapportée par de multiples sources (AP News, Cyclingnews, etc.) et a constitué le principal obstacle à l’avancée rapide du dossier porté par l’UCI (Union Cycliste Internationale, via son président David Lappartient), qui argue du réchauffement climatique et de l’attrait populaire du cyclo-cross (avec des stars comme Mathieu van der Poel ou Tom Pidcock).

LES ARGUMENTS DE L’UCI
Les principaux arguments avancés par l’UCI (Union Cycliste Internationale), et surtout par son président David Lappartient, pour l’inclusion du cyclo-cross aux Jeux olympiques d’hiver (visant idéalement 2030 dans les Alpes françaises) se concentrent sur plusieurs points clés, souvent répétés dans ses déclarations récentes (notamment début 2026 et fin 2025).Voici les arguments les plus récurrents et structurés :
- Adaptation au changement climatique
Le réchauffement climatique rend de plus en plus difficile la garantie de neige et de glace pour les disciplines traditionnelles d’hiver. Le cyclo-cross, pratiqué en hiver mais sans dépendre strictement de la neige (il est « temperature-agnostic », c’est-à-dire indépendant des températures exactes), permettrait de préserver et d’élargir l’avenir des JO d’hiver. Lappartient l’a qualifié d' »atout majeur » (« good asset ») pour contrer les effets du climat : « Avec le changement climatique, avoir des disciplines hivernales comme le cyclo-cross aux Jeux serait un bon atout pour deux raisons : étendre l’impact des Jeux malgré le réchauffement et attirer plus d’universalité. » - Universalité et attractivité mondiale accrue
Le cyclo-cross attirerait de nouvelles nations et un public plus large, en particulier grâce à ses stars planétaires (Mathieu van der Poel, Puck Pieterse, Tom Pidcock, etc.). L’UCI argue que cela rendrait les JO d’hiver plus universels et plus attractifs médiatiquement, en apportant des « stars » et en augmentant l’audience globale. Lappartient insiste sur le fait que cela « étendrait l’impact des Jeux » et attirerait des cyclistes renommés. - Saisonnalité naturelle hivernale
Le cyclo-cross est une discipline exclusivement hivernale (course de septembre à février/mars), ce qui en fait un fait logique pour les JO d’hiver, contrairement à d’autres sports cyclistes estivaux. Lappartient le présente comme une « discipline hivernale » naturelle, alignée sur la période des Jeux. - Soutenabilité, coûts réduits et alignement avec les objectifs IOC
Les parcours de cyclo-cross nécessitent peu d’infrastructures permanentes (pas de neige artificielle massive, pas de remontées mécaniques coûteuses). L’UCI propose souvent un modèle partagé avec le cross-country running (même terrain/venue), ce qui réduit les coûts de construction et l’impact environnemental – des priorités du CIO (« Fit for the Future »). Le cyclo-cross est aussi vu comme favorisant l’engagement des jeunes et la modernité des Jeux. - Développement et internationalisation du sport
Le statut olympique boosterait massivement le cyclo-cross dans le monde : plus de fédérations nationales investiraient, le sport gagnerait en visibilité et en pratiquants. L’UCI voit cela comme la « solution principale » pour internationaliser la discipline.
Bref le cyclo-cross comme discipline aux Olympiades de Grenoble en 2030, ce n’est pas encore gagné, mais ce serait une reconnaissance légitime et sur ce point l’UCI met tout en oeuvre pour voir nos crossmen préférés se disputer une médaille olympique.

Photos : Visit Val Di Sole
