La première boucle est bouclée. Après quelques années avec le maillot de la Soudal Quick-Step Devo Team, Jonathan Vervenne a officiellement roulé ses premiers kilomètres en professionnel en Espagne. Entre une attaque audacieuse à Morvedre et l’apprentissage forcé sur les routes exigeantes de Castellón, le Champion d’Europe U23 du contre-la-montre a entamé sa mue. De nouvelles confidences du jeune loup toujours aussi souriant, mais désormais armé d’un seul mot d’ordre pour sa première saison World Tour : « Grinta »
Jonathan ! Comment vas-tu ? Félicitations pour tes premiers kilomètres en tant que professionnel avec le Wolfpack.
J.V. : Très bien, merci ! C’est toujours très agréable de courir dans le nouveau beau maillot en début de saison.
On t’a vu très actif dès ta première course, en échappée avec Gil Gelders. Était-ce une instruction ou un feeling ?
J.V. : Pour cette première course, nous savions que le parcours serait un peu trop dur pour moi, mais nous avions la liberté d’attaquer si nous le voulions. Mon plan était donc de prendre un peu d’avance pour tenter de passer les cols dans de bonnes conditions. Au final, c’était une journée sympa et un bon entraînement. (N.D.L.R. : Lors de la 2nd Classica Camp de Morvedre où le coéquipier de Jonathan, Louis Vervaeke, finira neuvième)
Après ces deux courses, comment évalues-tu ton adaptation au World Tour ? Tu souhaite « construire des fondations solides » et apprendre auprès de cyclistes expérimentés : Après ces premiers contacts avec l’équipe, qu’est-ce qui t’as le plus marqué ou impressionné dans la manière dont les leaders fonctionnent ?
J.V. : L’an dernier, j’avais déjà fait quelques courses avec l’équipe première, donc je savais à peu près à quoi m’attendre. Mon propre niveau est plutôt bon en ce moment. Par contre, je dois encore apprendre les tactiques de course chez les pros, c’est assez différent des courses U23. Le niveau ici était assez similaire au haut niveau U23, mais la grande différence, c’est le contrôle : les leaders laissent leur équipe gérer la course, et ils ne jouent leur carte qu’en finale.
Tu as également mentionné ton souhait de devenir un « coureur complet ». Ces parcours vallonnés espagnols, très différents d’un contre-la-montre pur, sont-ils précisément le terrain idéal pour commencer ce travail ? As-tu déjà discuté d’un programme qui te mènerait vers les classiques ardennaises à moyen terme ?
J.V. : Oui, tout à fait. Mon programme cette année sera un mélange de tous les types de courses. Je pense que c’est bon pour moi, car cela me permettra d’apprendre beaucoup. Je vais essayer de progresser dans différents aspects. Normalement, je vais courir l’Amstel Gold Race. Pour cette course, je serai extra motivé, car c’est ma course à domicile, sur des routes que je maitrise à l’entraînement. Il y aura des amis le long du parcours. Je sais que ce sera très difficile pour moi, mais j’espère que ce sera une belle expérience.
Et la coupure de l’hiver, après ton titre européen ? Différente ?
J.V. : Cet hiver, j’ai fait comme la plupart des cyclistes : beaucoup de travail d’endurance pour avoir une base solide pour la saison, puis nous avons ajouté de l’intensité. Bien sûr, je serai toujours motivé pour un contre-la-montre, mais je veux aussi m’améliorer dans les autres types de course. Nous avons donc fait des entraînements spécifiques pour les efforts courts aussi.
Si tu compares le Jonathan champion d’Europe en Ardèche au Jonathan d’aujourd’hui, quelle est la plus grande évolution ?
J.V. : Haha, je pense qu’il n’y a pas une trop grande différence, cela ne fait que quelques mois ! Oui, j’ai passé un très bon hiver et la forme est bonne, donc ça, c’est différent par rapport à la fin de saison dernière. Mais mon état d’esprit, lui, reste le même.
Enfin, un seul mot pour résumer tes premiers pas en pro ?
J.V. : Grinta.
Le mot est lâché. Simple, direct, percutant. Comme son coup de pédale. Grinta : cette combativité à l’italienne, ce mélange de rage et de cœur qui définit les coureurs d’exception. À 22 ans, Jonathan Vervenne ne se paie pas de mots. Il a les jambes, le sourire, et maintenant, le mot de la fin. Entre l’ambition tranquille et l’humilité de l’apprenti, le jeune loup a choisi son camp : celui du travail, de l’écoute et de cette grinta qui, un jour, fera peut-être de lui bien plus qu’un simple espoir. Le voyage ne fait que commencer, mais la première page, écrite sous le soleil espagnol, a déjà la saveur de la promesse. Allez, Jonathan !

