L’émotion était vive dans la zone mixte à l’issue de la course en ligne des Championnats du monde. Marion Bunel, en larmes, a confié sa profonde déception après une course éprouvante où ses sensations n’ont pas été à la hauteur de ses espérances. Entre une bataille de placement acharnée et une condition physique défaillante, la Française n’a pas pu exprimer son plein potentiel. Cependant, la cycliste regarde déjà vers l’avenir, avec les prochains mondiaux en France en ligne de mire.
Marion, on vous sent très émue. Quelles étaient vos sensations aujourd’hui ?
Marion Bunel : C’était difficile. J’ai essayé d’y croire ce matin, de me dire que les jambes seraient là, même après les premiers tours de circuit. Mais c’est vraiment dur de voir tous les efforts accomplis pour arriver ici en bonne condition, et de ne pas être au niveau le jour J. Ça fait mal. C’est le sport, mais c’est difficile à accepter aujourd’hui. Cette course, c’est mon rêve. Heureusement, je me réconforte en me disant qu’il y en a une tous les ans. J’ai déjà la chance d’être là, d’avoir pu essayer, mais c’est dur de voir que ça n’a pas suffi aujourd’hui.
Comment analysez-vous la course tactiquement ? Avez-vous été surprise par la physionomie de l’épreuve ?
M. B. : Tactiquement, c’était très compliqué. Ça peut paraître bizarre de dire ça après avoir craqué, mais la course n’était pas spécialement difficile jusqu’au moment où tout s’est emballé. On sentait que tout le monde essayait d’économiser le moindre effort. Personne ne voulait se dévoiler trop tôt, il y avait beaucoup d’observation. Et puis, il y a eu une vraie bataille, incroyable, pour la moindre place dans le peloton. On se poussait presque dans les trottoirs, c’était très nerveux. Et quand la course s’est vraiment lancée, je n’ai pas pu suivre.
C’est cette tension qui a rendu la course si dure ? Vous aviez l’impression que tout allait bien avant que ça ne lâche ?
M. B. : Oui, c’est ça le pire. Tout allait bien, j’avais essayé de faire attention, de me préparer pour être dans les meilleures conditions possibles. C’est pour ça que ça fait si mal. Je m’étais dit que je n’aurais aucun regret si je donnais tout, peu importe le résultat. Mais là…
Comment allez-vous rebondir après cette déception ?
M. B. : Comme je le disais, le réconfort, c’est qu’il y a des Championnats du monde chaque année. Et surtout, l’année prochaine, ce sera en France, à Sallanches. Je ne serai plus dans la catégorie Espoir, mais c’est un circuit qui me fait déjà de l’œil. C’est un bel objectif pour l’avenir.
Propos recueillis par Camille Avon
