Podium au Tour des Flandres, 11 succès sur sa saison sur route, participation aux courses avec la Team Wallonie… et le dimanche 11 octobre, une deuxième place à la 37e Affligem Classic pour clôturer la saison sur route. À 16 ans, Eliott Richard (Team Houdart CCE) continue d’écrire son histoire avec une détermination qui force le respect. Mais cette fois, au-delà du bilan d’une saison 2026 encore riche en émotions, c’est un tournant dans sa jeune carrière que le Binchois s’apprête à vivre : celui d’un choix de club mûrement réfléchi. Retour sur une année exceptionnelle et confidences sur un avenir qui s’annonce passionnant…
(NDLR – Interview réalisée avant l’annonce officielle du changement d’équipe cycliste)

Le Bilan de la Saison sur Route
Eliott : Un GRAND bravo pour ta saison sur route ! Avec une année aussi dense et riche en résultats, quel est ton sentiment à l’heure de la clôturer ? Est-ce que tu t’attendais à performer à ce niveau ? Une victoire pour finir en beauté à Affligem ?
E.R. : Honnêtement, je suis très content de ma saison. J’ai beaucoup travaillé pour arriver à ce niveau et je ne pensais pas forcément obtenir autant de résultats cette année. J’ai remporté de belles victoires, mais j’ai aussi appris énormément au contact de coureurs très forts. Le podium au Tour des Flandres reste un très
beau souvenir ainsi que le maillot de Champion Fédération Wallonie Bruxelles, tout comme mes victoires et les courses avec la Team Wallonie.
Je termine cette saison avec beaucoup de satisfaction, mais aussi l’envie de continuer à progresser. Pour Affligem, je termine par une deuxième place le jour de course et au classement des Tops Compétitions.
NDLR – Cette belle 2e place à Affligem, confirme sa régularité tout au long de la saison. Un joli point final avant de raccrocher le vélo de route pour se consacrer au cyclo-cross.
Tu as terminé 4e à Dikkebus il y a quelques semaines, avec une belle remontée après un tirage au sort compliqué. Comment évalues-tu ta saison en Flandre, où la concurrence est très dense ?
E.R. : Je suis assez satisfait de ma saison en Flandre. Le niveau y est vraiment élevé et les courses sont souvent très disputées. À Dikkebus, le tirage au sort ne m’a pas facilité la tâche, mais je n’ai pas baissé les bras. J’ai essayé de remonter et de faire la meilleure course possible.
Ce sont des courses qui m’apprennent à me battre jusqu’au bout, à être patient et à saisir les occasions quand elles se présentent. Finir dans le top 5 dans ce contexte, c’est positif, même si, comme toujours, j’aurais aimé faire encore mieux.
Tu as aussi vécu des moments difficiles, comme cette chute à Damme où tu t’es relevé pour finir la course. Est-ce que ces moments t’ont appris quelque chose sur toi-même ?
E.R. : Oui, forcément. Une chute fait partie des risques du cyclisme, même si on préférerait évidemment les éviter. À Damme, je suis tombé à environ 100 mètres de l’arrivée. Ce n’est jamais agréable, surtout quand on est proche du but.
Ces moments m’apprennent à garder la tête froide, à ne pas abandonner trop vite et à repartir après une déception. Mais ils me rappellent aussi que la sécurité est importante. Il faut savoir prendre des risques pour gagner, mais toujours avec du respect pour les autres coureurs.
Le Choix du Club pour 2027-2028
Tu es actuellement à la Team Houdart CCE, un club qui t’a vu grandir. Qu’est-ce que ce club et Rudy Houdart t’ont apporté, et qu’est-ce qui rendrait un départ difficile ?
E.R. : La Team Houdart m’a permis de grandir comme coureur et d’acquérir de l’expérience. Rudy m’a beaucoup apporté, autant sur le vélo que dans ma façon de voir les choses. Il a toujours cru en moi et m’a laissé évoluer à mon rythme, sans me mettre une pression inutile.
C’est important pour moi, parce que je peux travailler, apprendre et progresser tout en gardant le plaisir de courir. Forcément, quitter un club dans lequel on a grandi n’est pas facile. Il y a les souvenirs, les personnes et tout le chemin parcouru ensemble. Je suis reconnaissant envers Rudy et toute l’équipe pour ce qu’ils m’ont apporté. Ce changement représente une nouvelle étape, mais je n’oublierai pas d’où je viens.
J’ai vu des rumeurs évoquant un possible intérêt de l’académie de Remco Evenepoel pour toi à partir de 2027. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Qu’est-ce que ça représente pour toi d’être associé à ce genre de structure ?
E.R. : Oui, je peux confirmer que j’ai eu des contacts avec Patrick Evenepoel, ainsi que Quentin Parent (Coach) qui sont venus nous rencontrer début juillet. Ils nous ont présenté leur projet d’académie pour les jeunes coureurs.
C’est évidemment une grande fierté d’avoir été approché par une structure de ce niveau. Quand on rêve de devenir professionnel, c’est motivant de voir que le travail accompli est remarqué. Mais je sais aussi que rien n’est acquis. Ce qui compte, c’est de continuer à travailler, à apprendre et à progresser pour mériter cette opportunité.
Comment se passe le processus de choix ? Est-ce que tu as déjà des contacts avancés avec d’autres
équipes, ou est-ce que tu prends encore le temps de la réflexion ?

E.R. : J’ai eu plusieurs contacts avec de belles équipes ce qui est très motivant : savoir que plusieurs structures s’intéressent à mon parcours.
J’ai pris le temps de réfléchir avec mes parents et d’étudier les différentes possibilités. Aujourd’hui, mon choix est fait : j’ai décidé de rejoindre l’académie proposée par Patrick Evenepoel et pour coach Quentin Parent. Le projet me plaît et je pense que c’est un bon environnement pour continuer à évoluer. Je suis vraiment content de cette décision.
Qu’est-ce qui sera le plus important dans ta décision : la qualité de l’encadrement, le programme de
courses, la proximité géographique, ou autre chose ?
E.R. : Pour moi, le plus important, c’est l’encadrement et la possibilité de progresser dans de bonnes conditions. Je
veux être entouré de personnes qui connaissent le cyclisme, qui peuvent m’aider à évoluer et qui comprennent qu’à mon âge, il faut encore apprendre beaucoup de choses.
Le programme de courses est également important, parce que j’ai envie de me confronter au meilleur niveau possible. Mais je veux surtout construire les choses étape par étape et ne pas brûler les étapes. Mon rêve reste de devenir professionnel, et je sais que cela demande beaucoup de travail et de patience.
On imagine que c’est un choix excitant mais aussi stressant. Comment vis-tu cette période ?
E.R. : C’est surtout excitant ! Bien sûr, il y a un peu de stress, parce que c’est une décision importante pour la suite de mon parcours. Mais je suis heureux d’avoir trouvé un projet qui me motive.
Mes parents m’accompagnent beaucoup dans cette réflexion et m’aident à prendre du recul. Maintenant que le choix est fait, je peux me concentrer sur la suite, continuer à travailler et profiter de cette nouvelle aventure.

La Transition vers le Cyclo-Cross
Maintenant que la saison sur route est quasiment terminée, tu vas sûrement enchaîner avec le cyclo-cross. Comment se passe cette transition ? Est-ce que tu abordes cette saison avec des objectifs différents de l’année dernière ?
E.R. : Oui, je vais me tourner vers le cyclo-cross cet hiver. C’est une discipline différente de la route, qui demande beaucoup de technique, d’explosivité et de capacité à s’adapter rapidement.
Je veux surtout profiter de cette saison pour progresser, prendre de l’expérience et continuer à travailler. Le cyclo-cross est aussi une bonne façon de rester compétitif pendant l’hiver et de préparer la suite. Je pense déjà à la saison sur route 2027-2028, donc chaque course et chaque entraînement doivent m’aider à franchir un nouveau cap.
Envisages-tu de participer à des courses en particulier cet hiver ?
E.R. : Je vais d’abord voire comment se déroule la saison et choisir les courses qui me permettront de progresser.
Je veux faire les choses sérieusement, sans vouloir aller trop vite. L’objectif est de prendre de l’expérience, de travailler mes points faibles et d’arriver le mieux préparé possible pour la suite.
L’Actualité Récente et les Honneurs
En Juin, tu as été récompensé par la Ville de Binche aux Mérites sportifs 2026, avec le Prix de l’Espoir masculin et le Prix Coup de Cœur. Qu’est-ce que ça représente pour toi de voir ta cité te reconnaître de cette façon ?
C’est une très grande fierté. Être reconnu par sa ville, là où l’on vit et où l’on a grandi, ça fait vraiment plaisir.
Je ne m’attendais pas forcément à recevoir ces deux distinctions, donc c’est une belle surprise.
Je tiens à remercier Mr Laurent Devin, notre Bourgmestre, de m’avoir remis ce prix.
Derrière les résultats, il y a beaucoup de travail, des entraînements, des sacrifices et des personnes qui m’accompagnent au quotidien. Je pense notamment à mes parents, qui sont toujours là pour moi, dans les bons moments comme dans les plus difficiles, et à toutes les personnes qui m’aident à avancer.
Ces récompenses me motivent à continuer, mais je sais que je dois garder les pieds sur terre et rester concentré sur le travail à accomplir.

Pour finir : un dernier mot pour les lecteurs de VeloNews qui suivent ton parcours depuis le début ?
Merci à toutes les personnes qui me suivent, qui m’encouragent au bord des routes ou qui prennent le temps de m’envoyer un message après les courses. Ça fait toujours plaisir et ça donne de la motivation.
Merci également à mes parents, à Rudy, à mon équipe et à toutes les personnes qui m’aident à avancer dans ce sport. Je suis encore jeune et j’ai beaucoup de choses à apprendre, mais je vais continuer à travailler pour essayer d’atteindre mon rêve : devenir coureur professionnel.
La suite s’annonce belle, et j’ai hâte de découvrir ce qui m’attend !
Il y a un peu plus d’un an, Eliott Richard nous confiait sa « FIERTE » d’appartenir à la Team Wallonie. Six mois plus tard, il passait de la fierté à « INCROYABLE ». Aujourd’hui, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre : celui de la confirmation et d’un choix de club ambitieux. À 16 ans, le voilà prêt à rejoindre l’académie de Patrick Evenepoel, sans jamais oublier d’où il vient ni les personnes qui l’ont accompagné.
Son nom continue de tourner dans les pelotons flamands et wallons, et son palmarès ne cesse de s’étoffer. Le garçon reste calme, travailleur, bien entouré. Ses parents, son papy – celui qui lui a transmis la flamme –, sa sœur Elysa, son coach Rudy Houdart, Phil Houdart pour la mécanique, et toute la Team Houdart peuvent être fiers. La saison 2026 se termine, mais Eliott a encore de belles pages à écrire…
Eliott Richard en bref : Saison 2026

