Giel Lejeune est un coureur que nous avions dans notre radar depuis 2 ans maintenant, en témoignent les nombreuses publications sur notre page facebook. Pour rappel, il y a quelques mois encore, Giel Lejeune bataillait avec les meilleurs juniors de la planète. Aujourd’hui, à seulement 18 ans, le jeune Brabançon se permet déjà de jouer les premiers rôles face aux professionnels. Une première victoire chez les élites, des performances qui interpellent et un contrat avec Alpecin-Premier Tech : le petit prodige belge n’a manifestement pas l’intention d’attendre que les années passent pour faire parler de lui. Et si le cyclo-cross belge tenait là l’une de ses futures grandes vedettes ?
DE ROTSELAAR AUX PODIUMS INTERNATIONAUX
À 18 ans, le garçon possède déjà un palmarès que bien des coureurs plus âgés pourraient lui envier. Pourtant, il y a quelques années, seuls les habitués des épreuves de jeunes connaissaient véritablement son nom, mais grâce à Velonews notamment, certains lecteurs connaissaient déjà son nom.
C’est sous les couleurs de la structure Deschacht-Hens, liée à Guido et Bart Verschueren, que le jeune Giel a fait ses premières armes. Très vite, ses qualités techniques et son aisance sur les parcours difficiles attirent l’attention. Car Lejeune n’est pas simplement un garçon qui pédale fort mais il possède un excellent bagage technique qui lui permet de faire la différence dans le sable notamment, mais globalement dans toutes les portions d’un parcours de cross qui nécessitent une excellente maîtrise du vélo.
Dès la saison 2022-2023, alors qu’il évolue chez les cadets, il accumule les podiums et décroche une première médaille d’argent aux championnats de Belgique. Un an plus tard, en janvier 2024, il franchit un cap supplémentaire en remportant le titre national à Meulebeke, et pas n’importe comment !
Parti à l’offensive après seulement trois minutes de course, le jeune Brabançon s’impose en solitaire, reléguant son premier poursuivant, Thomas Verdonck, à 45 secondes. À 15 ans, le voilà champion de Belgique, la machine est lancée !

UN PALMARÈS JUNIORS QUI EN DIT LONG
Le passage chez les juniors, en 2024, ne freine absolument pas sa progression. Dès sa première saison, Lejeune se mesure aux meilleurs spécialistes européens et démontre qu’il possède déjà les qualités nécessaires pour rivaliser avec des adversaires parfois plus développés physiquement.
En décembre 2024, il remporte notamment la manche de Coupe du monde de Hulst, devant l’Italien Mattia Agostinacchio, futur champion du monde juniors quelques semaines plus tard. Une performance de choix pour un garçon qui n’est encore que junior première année. Il termine également deuxième de la manche de Dublin et décroche l’argent aux championnats de Belgique derrière Arthur Van den Boer pour 6 petites secondes seulement…
Sa deuxième saison juniors, en 2025-2026, confirme définitivement son statut parmi les meilleurs espoirs mondiaux de la discipline : le Belge multiplie les succès, notamment à Meulebeke, Overijse et Ruddervoorde, avant de s’imposer en Coupe du monde à Coxyde, confirmant en outre son aisance dans le sable.
Mais ce sont surtout ses deux médailles internationales qui viennent couronner cette progression.
En novembre 2025, il décroche le bronze aux championnats d’Europe de Middelkerke, derrière les Italiens Filippo Grigolini et Patrik Pezzo Rosola. Trois mois plus tard, en février 2026, il monte à nouveau sur la troisième marche du podium, cette fois aux championnats du monde de Hulst, où là encore avec un petit brin de chance supplémentaire, le titre n’aurait pas dû lui échapper. Deux médailles de bronze donc, qui auraient même pu être d’une autre couleur, car le Belge a aussi payé son manque de puissance dans les portions roulantes, alors que sa technique lui permettait de rivaliser avec les meilleurs dans les parties purement « cross ».

UNE TRANSFORMATION PHYSIQUE QUI POURRAIT TOUT CHANGER
C’est peut-être l’un des aspects les plus intéressants de son évolution. L’année dernière, notre analyse concernant la suite de la carrière de Giel au plus haut niveau avait quand même pointé un possible manche de puissance physique et un gabarit qui pourrait peut-être le pénaliser.
Ceux qui suivaient déjà Giel Lejeune la saison dernière se souviennent sans doute d’un garçon particulièrement mince, presque frêle, dont la silhouette contrastait avec celle de certains adversaires internationaux. Et le principal intéressé en avait parfaitement conscience. En novembre 2025, après sa troisième place aux championnats d’Europe, il reconnaissait lui-même être en retard dans son développement physique :
« Mon moteur est encore un peu trop petit, mais ça viendra. Je suis aussi un peu en retard physiquement par rapport à mon âge. Les autres sont déjà beaucoup plus costauds et plus forts. » Starsporttv
Une déclaration qui prend aujourd’hui une saveur particulière, car en ce début de saison 2026-2027, sa silhouette a subi une véritable transformation, comme quoi il faut toujours être prudent avec de jeunes athlètes dont la croissance physique est loin d’être terminée. Première course disputée, il nous a paru plus grand, plus solide et surtout davantage capable de soutenir des efforts prolongés, au point qu’on se soit posé la question si c’était vraiment lui que nous étions de voir sur les images tv !
Mais une chose est certaine : le jeune coureur qui reconnaissait manquer de puissance face aux meilleurs juniors est aujourd’hui capable de tenir tête à des professionnels aguerris en ce début de saison, et ça change tout, car lorsqu’un garçon possède déjà une excellente technique et une réelle intelligence de course, le développement progressif de ses capacités physiques peut lui permettre de franchir plusieurs paliers.
Conclusion ? À 18 ans, Lejeune est encore loin d’avoir atteint sa pleine maturité athlétique, de quoi laisser entrevoir des perspectives particulièrement intéressantes pour Alpecin !
ALPECIN-PREMIER TECH : UN CHOIX QUI NE DOIT RIEN AU HASARD
En septembre dernier, Giel Lejeune a pris une décision importante pour la suite de sa carrière en rejoignant Alpecin-Premier Tech, la structure dirigée par les frères Christoph et Philip Roodhooft, un engagement portant jusqu’à la fin de l’année 2029.
Les frères Roodhooft avaient déjà approché le jeune Belge deux ans auparavant. À l’époque, le coureur avait préféré patienter, estimant sans doute qu’il était encore trop tôt pour rejoindre une structure de cette envergure, mais lorsque les dirigeants sont revenus à la charge en 2026, il n’a cette fois pas hésité.
Il faut dire que rejoindre l’équipe de Mathieu van der Poel représentait un rêve pour le jeune Brabançon, au-delà du prestige de la formation, c’est surtout son approche multidisciplinaire qui l’a convaincu : Alpecin permet à ses coureurs de combiner cyclo-cross, route et éventuellement d’autres disciplines, avec un encadrement particulièrement développé. Et selon nous, au vu de son gabarit actuel, il pourrait pourquoi pas développer des qualités en montagne. Ca ne serait pas du tout étonnant.
Autre élément déterminant : les frères Roodhooft ne souhaitent pas brûler les étapes. Le jeune homme dispose du temps nécessaire pour progresser, sans obligation immédiate de résultats, une philosophie qui semble parfaitement lui convenir.
À 18 ANS, IL GAGNE DÉJÀ CHEZ LES ÉLITES !
Et manifestement, cette nouvelle aventure lui donne des ailes : le 27 septembre dernier, Lejeune débute sa saison par une troisième place au Kleeberg Cross, aux Pays-Bas. Une semaine plus tard, le 4 octobre, il franchit déjà une étape importante en remportant le Brumath Bike Festival, en France, une épreuve internationale classée C1 devant notamment Gerben Kuypers et Clément Horny.
Remporter une course internationale face à des adversaires plus âgés, quelques semaines seulement après avoir quitté les juniors, constitue déjà une belle performance, et surtout, Lejeune ne s’est pas arrêté là : le 17 octobre, à Meulebeke, il prend une remarquable huitième place lors de la manche du circuit HG Cross, remportée par Michael Vanthourenhout. Devant lui, des coureurs expérimentés. Derrière lui, des noms aussi connus que Laurens Sweeck, Felipe Orts ou Joran Wyseure.
Le plus impressionnant ? Le Belge a longtemps évolué à proximité des meilleurs avant de payer ses efforts dans la seconde moitié de course. Une semaine plus tard, le 24 octobre, il fait encore mieux à Heerde, aux Pays-Bas. Cette fois, Lejeune termine cinquième, à seulement 29 secondes du vainqueur Joran Wyseure. Mieux encore, il parvient à rejoindre le groupe de tête et mène même momentanément les débats. Tout est dit, nous assistons à l’éclosion d’un futur top talent de la discipline !
Naturellement, il faudra confirmer ces résultats sur la durée et face aux meilleurs spécialistes mondiaux, mais ses premières sorties sont déjà particulièrement prometteuses tout en précisant que son calendrier comprend de nombreuses épreuves U23, un programme qui respecte donc ses capacités physique sans brûler les étapes.
UN GARÇON QUI GARDE LES PIEDS SUR TERRE
Ce qui frappe également chez Giel Lejeune, c’est sa manière d’aborder cette nouvelle étape : malgré les résultats et les compliments, le jeune homme ne semble pas vouloir précipiter les choses. Après sa huitième place à Meulebeke, il reconnaissait avoir lui-même été surpris de pouvoir évoluer aussi rapidement parmi les dix premiers. Il expliquait également avoir dépassé ses limites en tentant de rejoindre la tête de course, avant de devoir récupérer, une analyse lucide qui démontre qu’il découvre encore les exigences d’un cyclo-cross avec les pros disputé pendant une heure à très haute intensité.
UN CLUB DE SUPPORTERS AVANT MÊME SES 16 ANS !
Une petite anecdote permet également de mieux mesurer l’engouement que suscite le jeune homme dans sa région. alors qu’il n’avait que 15 ans, Giel Lejeune possédait déjà son propre club de supporters ! Leur QG ? Le Café Den Arend, à Holsbeek, non loin de Rotselaar.
À cet âge, certains adolescents commencent à peine à découvrir les compétitions., lui dispose déjà d’un véritable petit fan-club dont les membres se déplacent sur les courses pour aller l’encourager !

LE FUTUR GRAND NOM DU CYCLO-CROSS BELGE ?
Évidemment, il serait prématuré de le présenter comme le futur Mathieu van der Poel, chose qui nous paraît absurde à l’heure actuelle tant le Néerlandais appartient à une catégorie de champions particulièrement rare et les trajectoires des jeunes prodiges ne suivent jamais toutes le même chemin.
Mais Lejeune possède quelque chose qui ne s’achète pas : cette facilité apparente à franchir les catégories sans perdre ses repères et sa progression est pour le moins impressionnante. Mais les jeunes qui arrivent derrière lui sont aussi impressionnants et on est en train d’assister à un changement générationnel au sein du peloton de cross avec des jeunes loups qui sont en train de révolutionner la discipline. Chez les juniors cette année, deux immenses talents font déjà parler d’eux alors qu’ils n’en sont qu’à leur 1ère année dans la catégorie, il s’agit de Lars Peers et Tijl Van Haverbeke, qui cumulent aussi en VTT.
Giel, Lars et Tijl vont donc changer le visage du cyclo-cross dans les 2-3 années à venir et il sera passionnant de voir jusqu’où ces garçons pourront aller lorsque leur développement physique sera achevé. Car si Giel Lejeune, par exemple, parvient déjà à inquiéter les meilleurs à 18 ans alors qu’il possède encore une importante marge de progression, on peut légitimement se demander ce qu’il sera capable de réaliser à 21 ou 22 ans.
Lejeune porte encore bien son nom. Mais sur le vélo, il commence déjà à jouer dans la cour des grands !

