Fraichement champion de Belgique de la catégorie U17, Thibault Marcelis aura marqué les esprits cette saison de par sec ce beau maillot noir-jaune-rouge
Bonjour Thibault ! Que dire à part « bravo » pour cette victoire ? Est-ce que tu réalises enfin que tu es devenu champion de Belgique de ta catégorie ?
Merci beaucoup ! Honnêtement, je ne réalise pas encore totalement. C’est quelque chose dont je rêvais, mais quand on passe la ligne en premier, on pense surtout à la course et à l’effort fourni. C’est seulement après que je me rends compte que je suis vraiment champion de Belgique U17, et c’est assez incroyable.
Raconte-nous un peu ce dernier tour, où tu passes à l’attaque, et surtout cet exploit de parvenir à résister à tout un peloton lancé à tes trousses. Qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?
J’ai attaqué à 7 kilomètres de l’arrivée et, à partir de là, j’ai vraiment tout donné pour rester devant et avoir le maximum d’avance possible avant le dernier kilomètre. C’est vrai que ça n’a pas été facile de garder le peloton loin derrière moi. Dans ma tête, je me disais surtout : « C’est maintenant, il faut faire l’effort le plus important de ma vie jusqu’à maintenant. » Alors j’ai tout donné jusqu’à la ligne.
Ce qui est intéressant, c’est que tu avais déjà tenté ta chance bien plus tôt dans la course, en te retrouvant seul en tête à environ 35 kilomètres de l’arrivée. Tu es repris, mais ça ne t’empêche pas de recommencer dans le dernier tour ! Tu avais décidé avant le départ de courir de manière aussi offensive ou est-ce que tu as simplement suivi ton instinct ?
Oui, c’est vrai que j’avais déjà tenté une première fois de sortir. Après quelques kilomètres, j’ai vu que personne ne voulait prendre ma roue et que personne ne me rejoignait, donc j’ai décidé de me relever, de garder des forces pour la fin de course et de me remettre au chaud dans le peloton pour récupérer. Comme je savais que je n’avais pas forcément le meilleur sprint du peloton, j’avais déjà prévu avant la course de tenter ma chance en attaquant plusieurs fois. Il fallait simplement trouver le bon moment pour que ça puisse aller jusqu’au bout.

Si je ne m’abuse, cette victoire porte vraiment ta signature, ton style. Tu avais déjà gagné en début d’année un peu dans les mêmes conditions, avec une grosse attaque. Est-ce finalement ce qui te caractérise le mieux comme coureur : attaquer plutôt que d’attendre ?
Oui, je suis vraiment un coureur assez offensif. Je n’aime pas trop attendre les arrivées groupées parce que je sais que j’ai moins de chances dans un sprint face au peloton. Du coup, j’essaie de prendre les devants, d’attaquer et de tenter ma chance avant l’arrivée. C’est vraiment une façon de courir qui me correspond bien.
Par rapport à l’année dernière, qu’est-ce qui a changé chez toi pour que tu découvres cette âme de « winner » ? Est-ce qu’il y a eu un déclic particulier ? Quel rôle ont joué tes proches, ton équipe ou encore ton coach dans cette progression ?
Oui, c’est vrai que ça fait maintenant environ un an et demi que je travaille avec un coach (Ndlr : Denis Gysen) qui m’a beaucoup aidé dans ma progression. J’ai aussi beaucoup travaillé cet hiver, et je pense que ma forme cette année vient en grande partie de là. J’ai vraiment senti que le travail commençait à payer, et ça m’a aussi donné plus de confiance en moi pour tenter des choses en course.
Quand tu étais encore U15, il y a deux ans, est-ce que tu aurais imaginé qu’en 2026 tu porterais le maillot de champion de Belgique ?
Honnêtement, non. À l’époque, j’espérais évidemment progresser et gagner des courses, mais je n’aurais jamais imaginé porter le maillot de champion de Belgique deux ans plus tard. C’est la preuve qu’il faut croire en ses rêves
Pour les gens qui ne te connaissent pas encore et qui veulent découvrir le nouveau champion de Belgique U17, parle-nous un peu de toi. Qui est Thibault Marcelis ? Et surtout, comment as-tu découvert ta passion pour le cyclisme ?
J’ai 15 ans, bientôt 16, et j’habite à Braine-le-Comte. J’ai découvert le cyclisme en 2019, quand le Tour de France est passé à Bruxelles. Ça m’a donné envie de m’intéresser au vélo et, en 2020, j’ai commencé dans un club de VTT. J’ai très vite accroché et j’ai fait ma première course sur route avec ce club. Ensuite, j’ai rejoint un petit club de route de la région, puis ça s’est rapidement enchaîné avec des équipes de plus en plus importantes, jusqu’à arriver aujourd’hui au Sprint 2000 Charleroi. C’est comme ça que ma passion pour le cyclisme s’est développée au fil des années.
Parle-nous également de ton club, Sprint 2000 Charleroi. Depuis combien de temps y es-tu affilié ? Comment se sont passés tes débuts chez eux ? Et qu’est-ce que ce club t’apporte aujourd’hui ?
J’ai rejoint le Sprint 2000 Charleroi au début de l’année 2024, donc ça fait maintenant plus d’un an et demi. J’ai beaucoup progressé depuis mon arrivée. Au début, j’avais encore un peu de mal dans les plus grosses courses, mais le club m’a vraiment beaucoup aidé à progresser. On a un staff très à l’écoute et très disponible, et on a aussi la chance de participer à de belles courses. Je tiens vraiment à remercier tout le club pour l’aide qu’il m’a apportée dans ma progression et pour tout ce qu’il fait pour nous.

Qui sont tes modèles dans le cyclisme ? Et si tu pouvais courir aux côtés d’un coureur professionnel pendant une journée, qui choisirais-tu ?
Mon modèle, c’est Remco Evenepoel, parce que je trouve que son style de course me correspond assez bien. C’est un très bon rouleur et un excellent coureur de contre-la-montre, mais il n’hésite pas non plus à attaquer et à tenter sa chance avant l’arrivée. J’aimerais beaucoup pouvoir rouler un jour avec lui et voir comment il travaille, ça serait vraiment une expérience incroyable, ah ah !
On t’a également vu t’essayer au contre-la-montre cette saison. Est-ce une discipline que tu aimerais davantage travailler à l’avenir, ou est-ce que tu te vois avant tout comme un coureur offensif fait pour les courses en ligne ?
Oui, le contre-la-montre était vraiment l’un de mes principaux objectifs de la saison, notamment avec le championnat du Hainaut en début d’année. J’avais beaucoup travaillé pour cette course et j’ai réussi à décrocher le maillot, donc j’en étais vraiment content. C’est clairement ma discipline préférée en vélo et c’est là que j’aime le plus travailler. Je me vois comme un rouleur, capable de faire de gros efforts en solo, mais aussi d’attaquer en course pour essayer de sortir du peloton.
Tu vas maintenant pouvoir arborer ce magnifique maillot de champion de Belgique sur les courses de fin de saison. Quelles sont tes ambitions pour la suite ? As-tu déjà un programme de courses et, peut-être, quelques objectifs bien précis en tête ?
Oui, c’est vrai que j’ai vraiment envie de profiter de ce maillot sur les quelques courses qu’il me reste avant la fin de la saison. Il me reste notamment le West-Vlaanderen avec la Team Wallonie, ainsi que quelques contre-la-montre. J’espère aussi pouvoir être sélectionné en fin de saison pour le contre-la-montre au Chrono des nations, donc ce serait un bel objectif pour terminer la saison.
Et pour terminer, quand tu te projettes dans quelques années, quel serait ton rêve absolu dans le cyclisme ?
Évidemment, comme tout coureur de mon âge, mon rêve serait de devenir professionnel et d’aller le plus loin possible dans ce sport. Mais pour l’instant, je préfère avancer étape par étape, continuer à progresser et voir jusqu’où tout cela peut me mener. Merci beaucoup pour l’interview !
(Interview réalisée par Olivier Gilis)
LE PROGRAMME DE THIBAULT POUR LA FIN DE SAISON :

