« Ça se joue sur des détails »
Après l’épreuve du relais mixte contre-la-montre des Championnats du monde, l’équipe de France a dû se contenter d’un accessit, manquant de peu l’or mondial. Dans la zone mixte, Juliette Berthet est revenue à chaud sur la course, les enseignements à tirer pour l’exercice individuel et les ambitions tricolores à venir. Entretien.
L’année prochaine, les Championnats du monde se dérouleront en France. Vous aviez déjà en tête cette échéance, mais est-ce que cette médaille laisse un goût d’inachevé ?
Juliette Berthet : Ouais, on aurait pu aller le chercher dès aujourd’hui, et faire le doublé l’année prochaine aurait été pas mal aussi ! Après, forcément, nous sommes déjà très motivés pour l’an prochain. Ce sera à domicile, en France, donc ce sera un objectif encore plus majeur. Mais c’est vrai qu’on aurait vraiment aimé décrocher le maillot arc-en-ciel dès aujourd’hui.
À quoi s’est joué le titre selon vous ?
J. B. : À des détails. Le relais mixte est une discipline vraiment complexe où tout doit être parfait pour espérer monter sur la plus haute marche. Quand nous avons été titrés aux Championnats d’Europe par deux fois, c’étaient des relais impeccables : zéro fausse note, une cohésion totale et une course très homogène. Aujourd’hui, il y a eu deux ou trois moments où nous n’avons pas géré l’effort de manière optimale. Quelques petites accélérations ont fini par mettre les coéquipiers en difficulté derrière. Ça ne se joue pas à grand-chose. On s’est tous livrés à 100 %, il faut être fiers de ce qu’on a donné, mais il reste des axes d’amélioration.
Bruno Armirail partageait un sentiment similaire après le chrono individuel. Est-ce que cette course en relais atténue votre déception de dimanche ? Avez-vous trouvé des réponses ?
J. B. : Oui et non. Dimanche, mes sensations étaient rassurantes et je n’avais pas trop de doutes quant à mon coup de pédale. Comme pour Bruno, l’heure est à l’analyse. Je suis quelqu’un d’assez calculatrice, j’aime éplucher mes données de performance et tirer mes propres conclusions.
Cet hiver, il faudra s’asseoir calmement avec l’équipe et la fédération pour retravailler les fondamentaux et mettre en place des protocoles précis. L’idée est de redevenir pleinement compétitive sur le contre-la-montre en sortant mes meilleures valeurs de puissance. C’est la même dynamique pour Bruno : il faut poser les choses sereinement, sans précipitation ni mouvements de panique. Le chrono est une discipline magnifique, c’est pour ça qu’on en est passionnés, mais elle ne pardonne rien ; le moindre écart coûte cher.
On va bosser dur durant la trêve hivernale. Aujourd’hui, le titre nous échappe, mais la semaine n’est pas terminée : il nous reste une très belle carte à jouer samedi sur la course en ligne !
Propos recueillis par Camille Avon
