Si vous aviez lu notre article consacré à Paul Seixas, on vous parlait de deux phénomènes belges chez les jeunes qui sont déjà sous les radars de grosses écuries tant leur précocité étonne, il s’agissait de Lars Peers et … Vic de Smet !
En remportant il y a une semaine Liège-Bastogne-Liège Juniors alors qu’il vient tout juste de fêter ses 17 ans, ce junior première année a absolument tout pour devenir un nouveau talent générationnel en Belgique.
Après l’engouement populaire de nos lecteurs suite à la publication de sa victoire sur nos réseaux sociaux, il nous semblait légitime de vous proposer sa première interview pour un média francophone et donc Velonews a pris contact avec le coureur et son entourage pour vous présenter au mieux ce jeune homme qu’on a déjà hâte de suivre sur ses prochaines courses.
Alors on s’est posés, on a pris notre temps, résultat : une belle interview de James Odvart à découvrir ci-dessous :
Bonjour Vic, tout d’abord félicitations pour tes récents résultats qui forcent l’admiration. Quels ont été tes sentiments après ta belle victoire à Liège ?
Vic de Smet : C’était évidemment une très belle victoire. Rien que gagner une course portant un nom aussi prestigieux que Liège-Bastogne-Liège, et en plus avec une arrivée à La Redoute, c’était vraiment quelque chose de spécial à vivre. Le plateau était peut-être un peu moins relevé parce que beaucoup de coureurs étaient partis en Tchéquie pour la Nations Cup, mais évidemment cela reste une magnifique course à gagner.
Comment s’est déroulée ton attaque dans La Redoute ?
Vic De Smet : Dans La Redoute nous étions encore un groupe d’une vingtaine de coureurs. Un coureur d’AG2R a d’abord tenté de partir, mais un ancien coéquipier a bouché le trou. Ensuite, j’ai attaqué moi-même à environ 150 à 200 mètres de l’arrivée. J’ai immédiatement créé un bel écart et j’ai réussi à le conserver jusqu’à la ligne.
Le parcours est-il difficile pour les juniors ?
Vic De Smet : Le parcours est beau mais… honnêtement il pourrait encore être plus difficile. Pour les juniors, certains jugent que ce n’est peut-être pas nécessaire, mais attention cela reste malgré tout une course très attractive !
Cette victoire a suscité un réel engouement sur notre page facebook, notamment de la part de nos lecteurs…
Vic De Smet : Oui c’était vraiment agréable de lire tout ce soutien sur la page facebook de Velonews
Est-ce ta plus belle victoire de l’année jusqu’à présent ?
Vic De Smet : Je ne pense pas. Deux semaines plus tôt, j’avais aussi remporté le Giro di Primavera en Italie. Selon moi le niveau y était encore plus relevé. Cette victoire-là avait donc peut-être quelque chose d’encore plus spécial.

Comment te sentais-tu le lendemain de Liège lors de Gent-Wevelgem juniors ?
Vic De Smet : Mes jambes étaient encore très bonnes. Mais en pleine course, juste avant le premier passage du Kemmelberg, j’ai eu un problème et je suis resté arrêté environ trois minutes et demie. Ce n’était évidemment pas idéal. J’ai finalement réussi à revenir dans le peloton mais au deuxième passage du Kemmel, un groupe était déjà parti. Finalement, j’ai encore sprinté pour les places d’honneur et j’ai quand même terminé sixième au sprint.
Présentation et débuts dans le cyclisme
Peux-tu te présenter brièvement ? À quel âge as-tu commencé le cyclisme ?
Vic De Smet : J’ai commencé il y a environ six ans, pendant la période du Covid. Je n’avais pas grand-chose à faire et je venais d’acheter un vélo de course chez Rudico. Mes parents avaient vu sur Facebook qu’Avia-Rudico possédait aussi une équipe pour les jeunes, alors je suis allé faire un entraînement avec eux. Cela m’a immédiatement plu !
Tu jouais aussi au football auparavant, non ?
Vic De Smet : Oui ! J’ai joué au football à Beveren puis à Gand. Mais il y a environ trois ans, j’ai décidé de me consacrer entièrement au cyclisme. Avec le recul, c’était probablement le bon choix ! (Ndlr : on ne peut que le confirmer !)
Tu faisais aussi du cross-country. Est-ce un avantage pour le cyclisme ?
Vic De Smet : Je ne sais pas vraiment. J’ai commencé grâce à un ami et j’ai même terminé un jour troisième du championnat de Belgique, donc c’était plutôt sympa.
Et le cyclo-cross ?
Vic De Smet : Le cyclo-cross en lui-même ne m’attire pas vraiment pour l’instant. J’aime beaucoup regarder les courses, mais je ne me vois pas encore le pratiquer moi-même.

Quels coureurs professionnels t’inspirent ?
Vic De Smet : Pour moi, c’est surtout Wout van Aert. C’est grâce à lui que je me suis encore davantage passionné pour le cyclisme. Je regarde toujours énormément de courses et cela m’aide aussi à apprendre de nouvelles choses.
Ton profil ressemble aussi un peu au sien.
Vic De Smet : Peut-être, mais je me compare aussi parfois un peu à Julian Alaphilippe. Surtout pour le côté explosif et le punch.
Tu es actuellement premier mondial au classments PCS des juniors. Ressens-tu une pression supplémentaire avec ce statut ?
Vic De Smet : Honnêtement ? Pas du tout ! Bien sûr, des camarades de classe me disent parfois : “Waouh, tu es premier mondial”, et c’est évidemment très agréable à entendre. Mais la saison est encore longue et il y a encore beaucoup de points à prendre, donc j’essaie de ne pas trop y penser.
Comment te définirais-tu comme cycliste ?
Vic De Smet : Pour l’instant, je pense que le mot “polyvalent” est celui qui me décrit le mieux. Je découvre encore mes limites, notamment dans les vraies courses de montagne, mais jusque-là je me débrouille bien sur presque tous les terrains.
Tu es performant en contre-la-montre, au sprint, dans les efforts explosifs et même en montagne.
Vic De Smet : Oui, même mon entraîneur a été surpris par ma pointe de vitesse. Nous ne nous y attendions pas vraiment. Mais c’est évidemment agréable d’avoir cette arme supplémentaire.
Quel est ton principal point fort ?
Vic De Smet : C’est difficile à dire, parce que je suis performant dans plusieurs domaines.
Où souhaites-tu encore progresser ?
Vic De Smet : Peut-être surtout en montagne et en contre-la-montre. Mais en réalité, j’ai envie de progresser partout !
Tu n’avais pas été sélectionné pour la Nations Cup en Tchéquie. Était-ce ton choix ou celui du sélectionneur ?
Vic De Smet : C’était une décision commune entre l’entraîneur, l’équipe et le sélectionneur national. Nous en avions discuté avant la saison. Comme notre équipe ne compte que onze coureurs et que certains équipiers partaient déjà en Tchéquie, il fallait aussi garder suffisamment de coureurs pour d’autres courses importantes en Belgique.
Courses de montagne et objectifs 2026

Les courses montagneuses comme le Tour du Pays de Vaud et la Classique des Alpes sont-elles à ton programme ?
Vic De Smet : Oui, le Tour du Pays de Vaud approche et figure bien à mon programme ! Ce sera une vraie course de montagne et je suis curieux de voir comment cela va se passer, car je n’ai encore jamais disputé un parcours aussi difficile en haute montagne. Ce sera donc un peu une découverte me concernant.
Pourtant tu as déjà eu une brève expérience en montagne l’année passée…
Vic De Smet : Oui j’ai disputé le Tour d’Autriche l’an dernier, mais cette saison je n’ai encore couru aucune véritable course de montagne. C’est pourquoi je suis particulièrement impatient de voir comment je vais me débrouiller.
Quels sont tes objectifs pour le reste de la saison 2026 ?
Vic De Smet : Les championnats sont évidemment très importants. J’attends aussi avec impatience de grandes courses juniors comme le Valromey. Ce sont de grands rendez-vous où l’on peut vraiment se mesurer aux meilleurs juniors du monde. Ce serait magnifique d’y obtenir déjà de bons résultats.
Es-tu surpris par tes résultats pour une première année junior ?
Vic De Smet : Oui, énormément. Avant la saison, je disais que j’aimerais gagner une course UCI, mais un mois plus tard j’en avais déjà remporté trois. Je ne m’attendais vraiment pas à cela. C’est fantastique de vivre un tel début de saison, surtout quand la plupart de mes adversaires ont un an de plus.
Ambitions et avenir
Rêves-tu d’une carrière professionnelle ?
Vic De Smet : Bien sûr, j’espère devenir professionnel un jour, mais je ne me fixe pas d’âge précis. Je laisse les choses venir naturellement. J’ai encore le temps.
Quelle course aimerais-tu gagner un jour ?
Vic De Smet : Le Tour de France ! Cela reste la plus grande course au monde.
Tu combines toujours le cyclisme avec les études ?
Vic De Smet : Oui, je suis une filière sciences-mathématiques à Lokeren. Cela reste important.
As-tu un message pour les jeunes qui rêvent de sport de haut niveau ?
Vic De Smet : Faites simplement ce que vous aimez et continuez à prendre du plaisir. Si vous continuez à y croire, les choses finissent généralement par bien se passer.
(Interview réalisée par James Odvart – Velonews tient à remercier Vic et son entourage pour leur confiance)

