À moins de trois semaines du Tour de France, le Tour de Suisse s’avance comme le dernier grand laboratoire avant la Grande Boucle. Face à un Tadej Pogacar annoncé au départ depuis plusieurs mois, les adversaires ne manquent pas. Encore faut-il être capable de transformer leurs ambitions en menace réelle. Entre un parcours atypique, un contre-la-montre qui pèsera lourd et plusieurs grimpeurs en quête de repères, la réponse pourrait être plus complexe qu’elle n’y paraît.
UN PARCOURS COURT, MAIS TOUT SAUF SIMPLE
Le premier élément qui saute aux yeux est la nouvelle formule de l’épreuve. Cinq étapes seulement. Une durée inhabituelle pour une course de ce standing. Mais ne vous y trompez pas : les organisateurs ont compensé la quantité par la qualité.
Dès la première étape, les puncheurs devront être attentifs. Les routes lombardes autour de Sondrio proposent un terrain accidenté où les écarts peuvent rapidement apparaître. La deuxième journée, autour de Locarno, offrira peu de répit avec une succession de bosses susceptibles de faire exploser les trains de sprinteurs.
La troisième étape constituera déjà un premier révélateur. Les grimpeurs auront enfin un terrain d’expression digne de ce nom avec plusieurs ascensions longues et exigeantes.
Mais le véritable juge de paix pourrait bien être le contre-la-montre individuel. Avec près de 24 kilomètres à parcourir, les spécialistes auront l’occasion de creuser des écarts importants avant la montagne finale. Et quelle finale !
L’arrivée à Villars-sur-Ollon, précédée du redoutable Col de la Croix, devrait offrir un dernier terrain d’affrontement aux favoris. Une étape courte, nerveuse, sans véritable temps mort. Le genre de terrain où les jambes parlent plus fort que les stratégies.
POGACAR AU-DESSUS DU LOT ?
La question paraît presque lassante tant elle revient souvent. Pourtant, elle reste incontournable.
Qui peut battre Tadej Pogacar ?
Le Slovène arrive en Suisse avec l’étiquette du grand favori. Une nouvelle fois. Son printemps a confirmé ce que tout le monde savait déjà : lorsqu’il est à son meilleur niveau, il évolue actuellement dans une catégorie à part.
Mais le Tour de Suisse n’est pas uniquement une affaire de victoire finale.
Pour Pogacar, l’objectif est double. Gagner, évidemment. Mais aussi valider les dernières adaptations avant le Tour de France. Les automatismes collectifs. Les sensations après les stages en altitude. La capacité à répéter les efforts intenses.
C’est souvent dans ce type de détails que se jouent les Grands Tours.
Le Slovène n’a d’ailleurs aucun intérêt à sortir de sa zone de gestion. On pourrait même imaginer une approche relativement mesurée. Dominer, oui. Écraser la concurrence inutilement, beaucoup moins. Son ascendant psychologique s’avère déjà suffisamment prégnant.
ROGLIC ET TIBERI : LES DERNIERS CANDIDATS À DONNER LA RÉPLIQUE ?
Sur le papier, Primoz Roglic apparaît comme l’opposant le plus crédible.
Le vétéran Slovène connaît parfaitement ce type de parcours. Son contre-la-montre demeure une arme redoutable et son expérience des courses d’une semaine n’est plus à démontrer.
La question est ailleurs : dispose-t-il encore de l’explosivité nécessaire pour répondre aux accélérations de Pogacar lorsque la pente se cabre ?
Tom Pidcock, malade, a de son côté dû renoncer au Tour de Suisse en dernière minute et revoir ses plans en vue du Tour de France
Mais tenir cinq jours face au meilleur coureur du monde représente un défi d’une autre ampleur.
Antonio Tiberi figure également parmi les hommes à surveiller. L’Italien continue sa progression méthodique et pourrait profiter d’un parcours qui récompense la régularité davantage que les démonstrations spectaculaires.

LES BELGES ENTRE APPRENTISSAGE ET CONFIRMATION
L’absence de Remco Evenepoel modifie évidemment la lecture belge de l’épreuve. Le regard se tourne donc vers une génération appelée à prendre davantage de responsabilités.
Ilan Van Wilder sera particulièrement observé. Non pas parce qu’il apparaît comme un candidat crédible au podium, mais parce qu’il doit continuer à franchir des paliers. Un Top 10 constituerait déjà un résultat de qualité face à une telle concurrence.
L’enjeu sera surtout de mesurer sa capacité à exister dans les moments-clés de la course. À répondre présent lorsque les meilleurs accélèrent.
Même logique pour Jarno Widar.
Le jeune grimpeur belge continue son apprentissage du très haut niveau. Chaque confrontation avec des références mondiales constitue une source d’enseignements précieuse. Personne ne lui demandera de jouer la victoire finale. En revanche, sa manière de gérer les grandes ascensions et les changements de rythme sera scrutée avec attention.
Du côté des chasseurs d’étapes, certains profils pourraient également profiter des parcours accidentés proposés cette semaine. Les opportunités ne manqueront pas pour les coureurs offensifs.
STARTLIST DES BELGES A SUIVRE :
Jarno Widar ; Ilan Van Wilder ; Tim Wellens, Tiesj Benoot ; Sander de Pestel ; Thibau Nys ; Alec Segaert ; Emiel Verstrynge ; Xandro Meurisse ; Gil Gelders… Sans oublier Liam Slock ! Va-t-il survoler ce Tour ?
LE VRAI ENJEU EST PEUT-ÊTRE AILLEURS
C’est souvent le piège des courses de préparation.
On regarde le classement général alors que les équipes analysent parfois tout autre chose.
Une accélération dans un col. Une récupération après un stage en altitude. Une réaction à l’effort maximal. Une capacité à enchaîner les journées difficiles.
À ce titre, le Tour de Suisse pourrait être plus révélateur qu’il n’y paraît.
Pour Pogacar, il s’agira de confirmer sa domination.
Pour Roglic, de démontrer qu’il peut encore rivaliser.
Pour de nombreux outsiders, l’objectif sera surtout de vérifier si le travail effectué depuis l’hiver porte réellement ses fruits.
LA SUISSE COMME DERNIER BAROMÈTRE
Le suspense pour la victoire finale paraît limité. Il serait malhonnête de prétendre le contraire.
Mais réduire ce Tour de Suisse à une simple formalité pour Pogacar serait une erreur.
Parce qu’une course de cinq jours laisse peu de place à l’erreur. Parce qu’un contre-la-montre peut bouleverser une hiérarchie. Parce qu’une montée finale peut révéler des failles inattendues.
Et surtout parce qu’à quelques semaines du Tour de France, chaque indication compte.
Le vainqueur du Tour de Suisse ne sera peut-être pas une surprise.
Les enseignements qu’il laissera derrière lui pourraient, eux, l’être beaucoup plus.
DIFFUSION TV
En Belgique :
- RTL (RTL Club / RTL Play) pour les francophones : RTL vous propose de suivre l’intégralité des étapes en direct sur ses antennes et ses plateformes. Chaque journée de course sera diffusée en deux parties afin de permettre aux passionnés de ne rien manquer des moments décisifs : les premières heures de course en fin de matinée, puis le final et les explications du classement général dans l’après-midi.
- Eurosport et HBO Max (disponibles partout)
- Néerlandophones : Sporza / VRT (résumés ou directs selon les étapes)
En France :
- La Chaîne L’Équipe (en clair, gratuit)
- Eurosport 1 et HBO Max (pour la couverture complète avec analyses)


