Le Tour de Wallonie a souvent été catalogué comme une course de reprise ou une opportunité pour les chasseurs d’étapes. Cette édition 2026 mérite pourtant mieux que ce raccourci.
À la lecture du parcours, une évidence saute aux yeux : il faudra être complet pour espérer lever les bras à Aubel. Très complet même.
Avec près de 900 kilomètres à parcourir en cinq jours, 17 ascensions répertoriées et une succession d’étapes accidentées, les organisateurs ont dessiné une épreuve où les opportunités de faire la différence seront nombreuses. Un parcours exigeant. Sélectif. Et probablement plus difficile qu’il n’y paraît au premier coup d’œil.
Christophe Brandt et son équipe semblent avoir trouvé un équilibre intéressant : offrir des chances aux attaquants sans pour autant condamner les coureurs capables de jouer le classement général.
UNE MONTÉE EN PUISSANCE AU FIL DES JOURS
Sur le papier, l’ouverture entre Manage et Lobbes devrait sourire aux sprinteurs résistants ou aux puncheurs capables de survivre à une journée nerveuse. Mais le véritable Tour de Wallonie commencera sans doute dès le lendemain entre Jodoigne et Libramont-Chevigny.
Cette deuxième étape affiche déjà plus de 2.300 mètres de dénivelé positif. De quoi éliminer plusieurs candidats aux arrivées massives.
La troisième journée, entièrement disputée en province de Luxembourg entre Habay et Vaux-sur-Sûre, pourrait paraître plus calme. Elle ne le sera probablement pas. Le relief ardennais use les organismes. Toujours. Et l’enchaînement des efforts finit souvent par présenter l’addition plus tard dans la semaine.
Puis viendra le plat principal : l’étape Dison-Eupen. Avec plus de 2.400 mètres de dénivelé, elle constitue sans doute le premier véritable juge de paix de cette édition.
Et comme si cela ne suffisait pas, les organisateurs ont gardé le dessert pour la dernière journée. Entre Bassenge et Aubel, le peloton devra affronter l’étape la plus difficile de la semaine avec plus de 2.500 mètres de dénivelé annoncés. Une journée qui sent bon les Ardennaises et qui pourrait encore bouleverser le classement général.
UNE STARTLIST QUI A DE L’ALLURE
Le Tour de Wallonie conserve cette capacité à attirer un mélange particulièrement intéressant de profils.
On retrouve des structures WorldTour, des ProTeams ambitieuses et plusieurs formations belges désireuses de briller sur leurs routes. Parmi les équipes annoncées figurent notamment Movistar, Lotto, Alpecin-Deceuninck ou encore Israel-Premier Tech selon les listes provisoires consultées ces derniers jours.
Ce mélange produit souvent des scénarios de course ouverts. Les grandes équipes n’ont pas toujours les moyens de verrouiller totalement la course tandis que les formations continentales voient dans chaque étape une occasion unique de se montrer. Le spectacle y gagne généralement.
QUI POUR SUCCÉDER AU PALMARÈS ?
Le profil du vainqueur semble assez clair. Un pur sprinteur aura du mal à survivre. Un grimpeur pur risque de manquer de terrain. Le parcours semble davantage destiné à un puncheur capable d’encaisser les répétitions d’efforts ou à un coureur de classiques doté d’une bonne pointe de vitesse.
Des profils comme Tibor Del Grosso, Rasmus Tiller, Natnael Tesfazion ou encore plusieurs jeunes talents issus des formations WorldTour pourraient parfaitement s’accommoder d’un tel terrain. Attention également aux coureurs belges. Historiquement, le Tour de Wallonie récompense souvent ceux qui connaissent parfaitement ces routes et savent anticiper les moments clés de la course.
UNE ÉPREUVE QUI ASSUME ENFIN SON IDENTITÉ
C’est peut-être là la meilleure nouvelle, le Tour de Wallonie n’essaie plus de ressembler à autre chose qu’à lui-même. Pendant plusieurs années, l’épreuve a parfois semblé hésiter entre une course pour sprinteurs et un mini-tour ardennais. L’édition 2026 tranche davantage.
Le relief est assumé. Les difficultés sont réparties intelligemment. Et le suspense devrait accompagner le peloton jusqu’à Aubel. Reste maintenant à savoir qui parviendra à résister cinq jours durant à cette Wallonie version montagne russe. Car cette année, le classement général ne se gagnera probablement pas sur une seule attaque. Il se construira étape après étape. C’est souvent ainsi que naissent les plus belles éditions.

Photo : Claude Muller
