Le décor est planté, et cette fois, il ne laisse aucune échappatoire. Remco Evenepoel arrive sur le Tour de Catalogne avec des certitudes… et des questions. Le début de saison est dense, productif — six victoires — mais incomplet. À l’UAE Tour, le Belge a terminé 10e, battu dès que la route s’est élevée, incapable de suivre les meilleurs sur Jebel Mobrah. Une alerte plus qu’un échec, mais une alerte réelle.
Depuis, il a coupé, puis travaillé. Stage en altitude sur le Teide, à Tenerife, bloc classique pour construire la suite de la saison. Charge progressive, travail en endurance, affinage du poids de forme. La Catalogne marque donc une transition : sortie de stage, retour à la compétition, premières réponses attendues. Pas un pic, mais déjà un test. Et quel test.
VINGEGAARD FAVORI NUMBER ONE
Face à lui, la hiérarchie actuelle des courses par étapes. Jonas Vingegaard, d’abord. Vainqueur de Paris-Nice il y a quelques jours, le Danois avance avec une forme validée en course. Pas spectaculaire, mais implacable. Il gère, il attend, il use. Sur des montées longues, il reste la référence.
À ses côtés, João Almeida. Moins exposé, mais tout aussi dangereux. Toujours placé, rarement en difficulté, capable d’absorber les changements de rythme et de remonter, mètre après mètre. Un coureur de régularité, parfaitement adapté à une course par étapes exigeante.
Et le parcours catalan ne fera aucun tri artificiel. Vallter 2000, Queralt, Coll de Pal : trois arrivées au sommet, trois juges de paix. Des ascensions longues, régulières, où la gestion de l’effort prime sur l’explosivité. Le terrain exact où Evenepoel doit encore convaincre face aux meilleurs grimpeurs. C’est là que se situe l’enjeu.
UN ENTRAINEMENT DÉJA SALUTAIRE ?
Le Belge sort d’un bloc de travail. Il n’est pas censé être à 100 %. Mais face à des coureurs déjà affûtés, la marge d’interprétation est limitée. Soit il tient, soit il subit. Et dans ce type de configuration, les écarts se creusent vite, surtout quand la répétition des efforts entre en jeu.
Evenepoel n’a rien perdu de ses qualités. Sa capacité à produire des efforts intenses, à imposer son rythme, à faire basculer une course reste intacte. Mais la Catalogne ne se gagne pas sur un effort isolé. Elle se gagne sur une semaine, dans la répétition, dans la résistance.
Alors la question est simple : peut-il encaisser, répondre, et rester au contact de Vingegaard et Almeida sur ce terrain-là ?
Ce n’est pas encore un verdict. Mais c’est déjà un révélateur.
UN DÉPART RETARDÉ DU TEIDE
Le Belge n’a plus participé à cette course par étapes WorldTour depuis 2023, année où il avait remporté deux étapes et terminé deuxième derrière Primož Roglič. Il a désormais l’occasion de rééditer cette belle performance après avoir échappé aux mauvaises conditions météorologiques à Tenerife.
Evenepoel et sa femme Oumi figuraient parmi les personnes bloquées sur le Teide vendredi , ce qui a fait craindre qu’il n’arrive pas à l’aéroport à temps pour le Tour de Catalogne. Cependant, il a bénéficié d’une escorte policière samedi pour descendre de la montagne, ce qui lui a permis d’arriver en Catalogne dans les temps.
« L’objectif est de rester au plus près de Vingegaard au classement général et de remporter le maximum d’étapes », déclare le leader de l’équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe très confiant avant cette importante course par étapes du calendrier WT.
Photo : Redbull Bora Hansgrohe
