Deuxième du Tour de l’Avenir, Niels Driesen aborde la course en ligne espoirs de vendredi, à Montréal, avec une ambition assumée : une médaille. Quelques heures après avoir bouclé le GP de Wallonie au service de Jenno Berckmoes et de Simone Gualdi, le Limbourgeois de 21 ans désigne sans détour le vainqueur du GP de Wallonie, Aubin Sparfel, comme l’un des hommes à surveiller. Il revient aussi sur son départ de Lotto pour Pinarello Q36.5, où il passera professionnel en 2027.
Vainqueur de la Ronde de l’Isard en mai, deuxième du Tour de l’Avenir en août derrière l’Italien Lorenzo Finn, dont il avait endossé le maillot jaune au soir de la première étape, Niels Driesen est l’une des cartes belges de la course en ligne espoirs, ce vendredi 25 septembre : 174,2 km et 3 497 mètres de dénivelé autour du parc Jeanne-Mance.
Belgian Cycling l’a retenu avec Bert Bolle, Jasper Schoofs, Viktor Soenens, Matteo Vanhuffel et Matisse Van Kerckhove. Entretien réalisé après l’arrivée du GP de Wallonie.
Comment sortez-vous de ce GP de Wallonie, à quelques jours du Mondial ?
N.D. : ‘ Je me sens plutôt bien, même si la course a été assez nerveuse. Je ne voulais pas prendre trop de risques en vue du Mondial, mais je pense avoir pu faire mon travail pour Jenno et pour l’équipe. L’idée était de jouer la carte de Simone et de Jenno : j’ai essayé de rester devant le plus longtemps possible et d’aider partout où c’était possible, et je pense que cela s’est bien passé. ‘
‘ C’est dommage que je n’aie pas pu tenir un peu plus longtemps, mais nous avons fait une belle course et je suis content. Maintenant, je n’ai plus de course jusqu’au Mondial. J’y vois une belle occasion d’aller chercher un résultat. ‘
MONTRÉAL, UNE MÉDAILLE EN LIGNE DE MIRE
Votre deuxième place au Tour de l’Avenir vous autorise-t-elle à viser une médaille à Montréal ?
N.D. : ‘ Oui, je le pense. La saison a été meilleure que ce que j’avais imaginé, et cela donne de la confiance, en particulier pour les dernières courses de l’année chez les espoirs. Après, c’est difficile à évaluer : si je réalise une bonne course, je serai déjà content. Mais avec le bloc que nous avons, je pense que nous pouvons vraiment viser une médaille. ‘
‘ La Belgique a peut-être la meilleure équipe de ce Mondial. Nous sommes très forts dans la largeur, et nous allons simplement essayer d’en tirer quelque chose. Sparfel, lui, sera l’un des favoris sur ce parcours. Nous savons donc qui surveiller. ‘
Avec quel leader ?
N.D. : ‘ Nous ne prenons pas le départ avec un homme désigné. Chacun pourra tenter sa chance. Mais si cela se joue à l’arrivée, je pense que Matisse et moi serons les hommes les plus attendus. Cela dit, tout le monde aura sa carte à jouer. ‘
DERNIÈRES SEMAINES EN ROUGE
Et après Montréal, comment se termine votre saison ?
N.D. : ‘ J’enchaînerai avec le championnat d’Europe, puis peut-être encore quelques courses avec l’équipe, mais ce n’est pas certain. Le grand objectif reste de bien terminer la saison. Je veux surtout profiter au maximum de ma période avec Lotto. ‘
‘ Il reste un long hiver avant ma première année chez les professionnels : ce n’est pas encore le moment de me projeter, mais bien de me concentrer sur les courses qui restent. ‘
LE CHOIX PINARELLO
Justement, vous quittez Lotto pour Pinarello. Pourquoi ce choix ?
N.D. : ‘ J’ai eu un très bon feeling avec l’équipe dès le premier entretien. C’est dommage de ne pas rester chez Lotto, et j’ai longuement hésité. Mais je pense avoir fait le bon choix. C’est une équipe qui est vraiment dans une courbe ascendante et qui nourrit de grandes ambitions pour l’avenir. Cela a pesé dans ma décision. ‘
Ce départ disperse aussi un noyau d’amis, celui de la Devo, où vous étiez avec Jarno et les autres.
N.D. : ‘ C’est un peu dommage. Nous avions une très bonne équipe et, au sein de la Devo, nous nous entendions tous très bien. Mais nous resterons amis, c’est certain. Je continue de penser que j’ai fait le bon choix, même si la décision n’a pas été facile à prendre, justement parce que nous sommes très liés. ‘

GRIMPEUR OU PUNCHEUR ?
À quoi ressemblera cette première saison chez les professionnels ? Un grand tour est-il envisageable ?
N.D. : ‘ Je n’ai pas encore parlé du calendrier avec mon directeur sportif : ce n’est pas encore à l’ordre du jour, nous en discuterons au début de l’hiver. Un premier stage collectif est prévu pendant l’intersaison, et c’est là que les choses deviendront beaucoup plus claires. ‘
‘ En début d’année, il s’agira surtout de voir où se situent mes capacités et sur quel terrain je m’exprime le mieux. Un grand tour ? Je n’en ai aucune idée. J’aimerais beaucoup en disputer un l’an prochain, mais rien n’est planifié pour l’instant. Si je devais choisir parmi les trois, ce serait quand même le Tour. Mais je ne pense pas que ce soit pour l’année prochaine. ‘
Quel coureur voulez-vous devenir ? Un leader ou un équipier, un grimpeur ou un puncheur ?
N.D. : ‘ Je ne sais pas. J’aime beaucoup rouler au service des autres : si je peux contribuer à un beau résultat pour l’un des leaders, je le fais avec autant de plaisir que lorsque je joue ma propre carte. Ce sera probablement une combinaison des deux. Il est difficile de dire si ce sera vraiment le travail de grimpeur, ou plutôt quelque chose de plus classique et de plus explosif. Ensuite, cela devra se vérifier, et les prochaines années le diront. ‘
‘ J’aime les courses d’un jour, parce qu’on donne tout sur une seule journée, sans devoir penser aux jours suivants. C’est ce que je trouve le plus plaisant. Mais disputer un bon classement général, c’est très agréable aussi. Ce sera une combinaison de tout : goûter à tout et voir ce qui me convient le mieux. ‘
Propos recueillis par Matthieu Henroteaux.

Photos / Crédits : Velonews
