Dans HLN, à la veille du Koppenbergcross, l’ancien champion d’Europe a sévèrement jugé le peloton masculin, sans épargner Niels Vandeputte ni Thibau Nys.
Eli Iserbyt ne voit qu’un coureur à la hauteur chez les hommes : Michael Vanthourenhout, son ancien coéquipier chez Pauwels Sauzen. « En dehors de Michael, personne n’a le niveau », affirme-t-il dans un entretien publié samedi par HLN et repris par WielerFlits.
Il « ne comprend pas » que Niels Vandeputte, 26 ans et numéro un du classement UCI, n’ait pas entamé l’exercice avec plus d’ambition, et doute que sa génération soit « assez forte » pour enchainer victoires sur victoires. Laurens Sweeck a « complètement raté » son début de saison, Thibau Nys ne déborderait pas de confiance, et même son favori « a peur » du Koppenberg selon l’ancien champion d’Europe de la discipline. Jugeant les courses féminines plus disputées, il propose de faire partir les dames à 15 heures et les hommes à 13, le temps que Wout van Aert revienne.
Iserbyt a livré ce bilan en gravissant à pied, non sans douleur, le Koppenberg, qu’il a remporté trois fois. Opéré à quatre reprises d’une artère de l’aine, il a annoncé le 8 janvier, à 28 ans, la fin immédiate de sa carrière, la pratique du vélo n’étant « médicalement plus responsable ». Depuis mai, il coordonne le cyclo-cross d’A&J All Sports, l’agence des frères Carera, qui gère Tadej Pogačar.
La presse flamande n’a pas adouci la charge. HLN le montre « disséquant » le peloton, WielerFlits le dit « impitoyable » envers ses ex-collègues, WielerNieuws parle d’une sortie « dévastatrice » et s’étonne qu’il prête de la peur à Vanthourenhout.
CE QUE SON CONSTAT OUBLIE
Iserbyt mesure le niveau à l’aune de Van Aert et Van der Poel, mais il a lui-même connu des automnes sans eux. En octobre 2022, son équipe avait déjà gagné onze cross télévisés en leur absence et celle de Tom Pidcock, et il notait que le public s’y était « un peu habitué » dixit Sporza. Le reproche qu’il adresse à ses successeurs, ne pas profiter du vide, vient d’un homme qui a su le remplir.
Chez les dames, le suspense qu’il vante reste relatif. La championne du monde Lucinda Brand s’est imposée à Dendermonde, Ardooie et Overijse « avec une large marge », Marie Schreiber gagnant à Woerden et Meulebeke.
Iserbyt voit donc juste sur la domination de Vanthourenhout et sur le manque de vainqueurs en série. Il exagère peut-être et force le trait sur la peur de son ancien coéquipier et juge l’automne avec l’exigence de l’hiver, quand reviennent les deux géants. Première réponse ce dimanche, sur ce Koppenberg qu’il gravit désormais à pied : ceux qu’il a critiqués ont une heure pour lui donner tort.
