Remco Evenepoel découvrira le 3 novembre le parcours du Giro avant de choisir son grand rendez-vous de 2027. Le Tour lui offre le plus gros volume de contre-la-montre depuis 2012. Au vu des écarts de juillet, pas de quoi inquiéter Tadej Pogačar.
Le Giro dévoilera son parcours 2027 ce mardi, à Rome. Remco Evenepoel l’attend pour trancher : « La porte est ouverte. Mais ça ne veut pas dire que je serai au départ ! », prévenait-il le 9 octobre au micro de Sporza. Red Bull-BORA-hansgrohe officialisera son programme le 11 décembre. Ralph Denk, le patron de l’équipe, n’est « pas fan » d’un doublé avec le Tour : « Un extraterrestre comme Tadej Pogačar en est peut-être capable », mais mieux vaut, selon lui, « se concentrer sur l’un des deux », pouvait-on lire sur le site de , Cyclingnews.
Le Tour, lui, a fait un pas vers le Belge. Le parcours présenté le 22 octobre aligne 71 km de contre-la-montre individuel, un volume inédit depuis 2012 et la victoire de Bradley Wiggins. Le directeur sportif Zak Dempster y voit « un parcours qui met en valeur nos points forts ». Assez pour priver Pogačar d’un sixième sacre, qui ferait de lui le seul recordman de l’épreuve ? Le relief invite à en douter.
UN TOUR TOUJOURS AUSSI VERTICAL
Le tracé 2027 cumule 53 450 m de dénivelé positif. Soit 1 000 m de moins qu’en 2026, mais davantage qu’en 2024 (52 320 m) et qu’en 2025 (51 550 m), deux éditions remportées par le Slovène avec plus de quatre minutes d’avance. The Inner Ring, média spécialisé, tranche : ce n’est « pas du tout un Tour plus plat ». Les étapes de montagne passent de huit à six, autant qu’en 2025 et une de moins qu’en 2024.
La concession est ailleurs. Le Tour 2027 ne compte que trois arrivées au sommet, au Grand Colombier, aux Saisies et au col du Portet, quatre avec la montée vers l’aérodrome de Mende. Il y en avait quatre en 2024 et cinq en 2026.
PLUS DE SIX MINUTES D’AVANCE, QUELQUES SECONDES REPRISES CONTRE LA MONTRE
La marge du quintuple vainqueur reste considérable. En juillet, il a devancé Evenepoel de 6 min 26 s, tout en veillant, dans la dernière semaine, à ce qu’Isaac del Toro se batte pour le magnifique maillot blanc et pour le podium. Grâce au numéro 1 mondial, le Mexicain a obtenu les deux.
Evenepoel progresse pourtant. Troisième à 9 min 18 s en 2024, contraint à l’abandon dans le Tourmalet en 2025, il a fini deuxième cette année, vainqueur au plateau de Solaison devant Pogačar et Del Toro.

Hors bonifications, le Slovène ne lui a vraiment cédé de terrain que contre la montre : 12 s sur 25 km à Gevrey-Chambertin en 2024, 16 s sur 33 km à Caen en 2025, 28 s sur 26 km entre Évian et Thonon en 2026. Autrement dit, une seconde tous les deux kilomètres en 2024 et en 2025, une par kilomètre en 2026. Encore faut-il que la route ne s’élève pas trop. À Nice, en 2024, sur un tracé escarpé par La Turbie et le col d’Èze, Pogačar avait repris 1 min 14 s au Belge.
AU MIEUX, DIX CHRONOS DE CHAMBORD POUR COMBLER L’ÉCART
Appliqué aux 71 km de 2027, ce barème rapporterait à Evenepoel entre 35 secondes et un peu plus d’une minute. The Inner Ring parie sur davantage : s’il a pris une seconde par kilomètre sur les routes vallonnées d’Évian, il devrait prendre plus encore sur le plat. Caen, chrono plat de 2025, dit l’inverse : une seconde tous les deux kilomètres seulement. Les avis divergent. Pour les consultants de La DH, le Belge a « une opportunité à ne pas laisser passer ». Sur la RTBF, Gérard Bulens évalue son gain à 1 min 15 s ou 1 min 20 s, tandis que Jérôme Helguers voit Pogačar « se constituer un matelas d’avance » grâce aux bonifications des arrivées pour puncheurs de la première semaine.
Le compte n’y est pas. Les 6 min 26 s de juillet représentent 386 secondes. Pour les reprendre à raison d’une seconde par kilomètre, il faudrait près de 400 km de contre-la-montre supplémentaires, l’équivalent de dix chronos entre Blois et Chambord. Au rythme de 2024 et de 2025, c’est le double, près de 800 km. Même le Tour 2012, le plus généreux de ces quinze dernières années, n’en proposait que 101 km. Et si une montagne moins exigeante divisait son retard par deux, il manquerait encore 200 à 400 km.
ASO a rééquilibré son Tour sans renverser la hiérarchie. Sur le papier, et si Pogačar ne garde aucune séquelle de sa chute sur la Vuelta, le champion olympique ne jouera pas encore dans la même cour que lui en 2027. Le Giro, lui, abat ses cartes très prochainement à Rome. Reste à Remco de fixer si son rêve sera teinté de jaune ou de rose l’an prochain

Crédit image : A.S.O.
