Remco renonce donc au Tour des Flandres malgré une envie grandissante d’y figurer. Pourtant, l’idée a été longuement débattue au sein de son équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe, et le coureur lui-même se montrait très motivé.
La formation a finalement choisi de privilégier un projet à long terme plutôt que de céder à l’élan du moment. La question s’est posée avec plus d’insistance juste après le Tour de Catalogne.
Remco avait montré des signes encourageants de bonne forme, avant d’être victime d’une chute spectaculaire lors de la 3e étape. Cet incident a laissé de nombreuses interrogations sur ce qu’il aurait pu réaliser face au Danois en pleine possession de ses moyens, l’impact physique ayant été bien réel :
« Croyez-moi, ça l’a clairement affecté », a confié le directeur sportif Klaas Lodewyck à Het Laatste Nieuws. Il a minimisé l’incident, mais ça lui a coûté cher. »
Plusieurs jours plus tard, les traces étaient encore visibles. Le manager Ralph Denk a d’ailleurs souligné l’état du Belge en fin de course : » Son dos était encore à vif. Beaucoup de peau avait disparu. »
COMPÉTITF FACE A VINGEGAARD SANS SA CHUTE ?
Evenepoel a finalement terminé 5e du classement général, à 2 minutes et 13 secondes de Vingegaard. Klaas Lodewyck estime que, sans cette chute, son coureur aurait pu rester au contact du leader dans les moments clés. « D’après les données de son stage en altitude, c’était possible », a-t-il déclaré.
Ralph Denk s’est montré un brin plus prudent : « Klaas est plus proche de lui que moi, mais je trouve ça assez spéculatif. Au bout du compte, seuls les résultats sur la route comptent. »
« Il cumule la malchance depuis plusieurs années », regrette Lodewyck, ce qui explique en partie les variations observées sur les Grands Tours. Malgré tout, la feuille de route reste inchangée. L’objectif principal reste donc le Tour de France.
Son transfert hivernal visait précisément à combler l’écart avec des coureurs comme Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard : « S’il peut déjà les rivaliser cette année, on verra. Mais nous sommes sur la bonne voie », affirme Denk.

HOMME DE GRANDS TOURS OU CLASSICMAN ?
Parallèlement, l’intérêt d’Evenepoel pour les classiques d’un jour ne cesse de grandir. S’il a déjà remporté de grandes victoires, des Monuments comme le Tour des Flandres ou Milan-Sanremo l’attirent clairement.
Pour l’instant, ces ambitions sont mises en pause. « Je sais que les gens aimeraient me voir sur ces courses », a reconnu Evenepoel dans Het Laatste Nieuws. « Mais ce ne sera pas pour cette année. Mon programme ne change pas. »
Au lieu de cela, il rentrera brièvement en Belgique avant de repartir en Espagne pour préparer les classiques ardennaises, où il entrevoit des opportunités plus immédiates. L’équipe reste ferme sur sa position. « Évidemment, tout le monde en Belgique voudrait le voir au départ du Ronde », explique Ralph Denk. « Moi aussi. Mais il faut que ce soit au bon moment. Remco n’a que 26 ans… il lui reste encore dix ans. »
De notre côté, on trouve quand même impensable qu’à l’âge de 26 ans, Remco Evenepoel n’a encore jamais pris part aux deux premiers monuments de l’année où il pourrait indiscutablement se mêler à la victoire finale. S’il gagne un Tour de France dans les 3 ans on se dira que ça en valait certainement la peine, mais dans le cas contraire, on aura le sentiment qu’on est peut-être passé à côté du plus grand coureur de classiques depuis Philippe Gilbert.

UNE STRATÉGIE DISCUTABLE
La question que nous nous posons est la suivante, si l’objectif assumé était de vouloir combler l’écart avec Pogacar et Vingegaard, pourquoi alors Remco Evenepoel a-t-il couru comme un coureur de classiques durant cette semaine Catalane en prenant des risques inutiles sur des étapes de plaine ? C’est un mystère pour nous. Dans le même temps, il était inutile voire irrespectueux de reprocher à Vingegaard de ne pas courir « agressivement » alors qu’au final il repart de Catalogne avec deux victoires d’étape indiscutables et le classement général. Chez Visma on a respecté un plan cohérent de bout en bout, chez RebBull Bora la stratégie était nébuleuse.
Il faudra à l’avenir accorder ses violons chez Red Bull Bora. Une journée de moins bien sur le tour de France en montagne et Remco risquerait d’être relégué au rang d’équipier modèle pour Lipowitz, rôle que Wout van Aert endosse déjà pour Vingegaard et qui divise allégrement ses fans. Voir nos deux meilleurs coureurs actuels en tant que coéquipiers de luxe sur la grande boucle serait un immense crève-coeur en Belgique, tout le monde en convient.
LES ARDENNAISES, UN RÉEL OBJECTIF !
Mais ne nous projettons pas trop et le mieux pour ses fans est de faire confiance au plan élaboré par Redbull-Bora puisque de toute manière, tout semble indéboulonnable. Pour terminer sur une bonne note, il est évident qu’avec ce qu’il nous a montré durant cette semaine en Catalogne, Remco a rassuré sur son état de forme : une forme ascendante et un punch qu’il affine d’année en année.
Oui sans aucun doute il sera redoutable sur les Ardennaises avec en point de mire l’Amstel Gold Race le 19 avril prochain, courses qu’il aura préparé avec un nouveau bloc d’entraînement en Espagne dont on sait qu’il revient toujours gonflé à bloc car même si ses deux dernières sorties sont mitigées, Remco répond toujours présent quand il se met des objectifs en tête.

