Il y a quinze ans, Philippe Gilbert écrivait l’une des plus belles pages de sa carrière en s’imposant sur Liège-Bastogne-Liège, au terme d’un printemps 2011 totalement hors norme. De ce souvenir fondateur aux questions que pose encore aujourd’hui la Doyenne, le champion wallon revient, avec franchise et précision, sur cette victoire qui a marqué son parcours, sur l’évolution du cyclisme moderne et sur ce que représente, pour lui, le sommet du métier.
VELONEWS : PHILIPPE, IL Y A QUINZE ANS, VOUS REMPORTEZ LIÈGE-BASTOGNE-LIÈGE. AVEC CE RECUL, QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR CETTE VICTOIRE ?
Philippe Gilbert : Ah ben, ça reste certainement l’un des plus beaux moments de ma carrière. On se rend compte que le temps passe très vite, mais les souvenirs, eux, restent bien présents. Et puis, les gens continuent aussi à me parler systématiquement de cette victoire. Je pense que c’est un succès qui a marqué les esprits ici, dans la région. Donc oui, ce sont de très beaux souvenirs.
CETTE FAMEUSE ANNÉE 2011, VOUS AVEZ RÉALISÉ QUELQUE CHOSE D’INÉDIT : UN QUADRUPLÉ AVEC LES DEUX FLÈCHES, LIÈGE-BASTOGNE-LIÈGE ET L’AMSTEL. VOUS PENSEZ QUE CET EXPLOIT PEUT DURER DANS LE TEMPS ?
Philippe Gilbert : Disons que tous les records sont faits pour être battus. On peut dire ça comme ça. Mais c’est clair que, d’après ce que j’avais lu, je n’ai pas vérifié mes sources, mais aligner quatre victoires au printemps, personne ne l’a jamais fait. Donc ça reste unique. Dans la seconde partie de saison, ça s’est déjà vu, mais au printemps, c’est unique et ça reste une fierté. Après, je pense qu’un jour, il y aura peut-être un coureur qui fera mieux. Il n’y a aucune raison pour que personne n’y arrive un jour.
QUELQUES JOURS AVANT LIÈGE, VOUS VOUS IMPOSIEZ SUR LA FLÈCHE WALLONNE. AU NIVEAU DES ÉMOTIONS, EST-CE QUE ÇA A ÉTÉ PEUT-ÊTRE LA PLUS GRANDE SURPRISE DE VOTRE CARRIÈRE ?
Philippe Gilbert : Oui, dans un certain sens, oui. Parce que je m’étais complètement détaché de la course, dans le sens où on avait beaucoup travaillé. J’avais d’ailleurs les mêmes équipiers sur les dix jours, donc il fallait aussi gérer l’effectif. Aujourd’hui, dans le cyclisme moderne, il y a beaucoup plus de changements dans les équipes, parce qu’elles ont davantage de coureurs en nombre et en qualité. Nous, on n’avait pas ce luxe-là. On avait vraiment le groupe classique, et on est restés ensemble toute la dizaine. Moi, je voulais surtout gérer les forces en présence. Et pour la Flèche Wallonne, on s’était dit qu’on allait prendre des risques, mettre la pression sur Rodríguez, qui était le favori.
Finalement, ce sont eux qui ont fait le travail pour nous. Je pense que c’était un choix tactique important. C’est peut-être même à ce moment-là, la veille ou l’avant-veille, qu’on a décidé ce choix, qu’on a gagné la course.
VOUS ENTREZ DANS L’HISTOIRE AVEC CES QUATRE VICTOIRES QUI S’ENCHAÎNENT. CE JOUR-LÀ, VOUS VOUS DITES AUSSI : « TIENS, JE CHANGE DE DIMENSION, JE PRENDS DE LA PLACE ET JE PEUX PEUT-ÊTRE VISER ENCORE PLUS HAUT » ?
Philippe Gilbert : C’est difficile à dire, parce qu’en fait, pendant ma carrière, quand j’avais un objectif, j’essayais vraiment d’oublier au plus vite la victoire pour me concentrer sur la course suivante. Je n’ai pas été quelqu’un qui fêtait vraiment ses succès. Moi, c’était fait, je cochais dans mon agenda, et place au futur. Je ne regardais pas trop ce genre de choses. Mais après coup, c’est vrai que je peux être fier de ce que j’ai fait. Cela dit, j’ai plutôt eu tendance à ne pas profiter, et peut-être même à ne pas assez profiter de certaines victoires. C’est sûr.

À L’ÉPOQUE, IL N’Y A PAS EU UNE PRISE DE CONSCIENCE DU FAIT QUE VOUS ÉTIEZ CAPABLE D’ALLER CHERCHER QUELQUE CHOSE DE PLUS GRAND ? JE ME SOUVIENS D’UN RODRIGO BEENKENS QUI DISAIT EN DIRECT : « CE GARS-LÀ DOIT ALLER CHERCHER LES CHAMPIONNATS DU MONDE. »
Philippe Gilbert : Oui. Ça, c’était déjà un objectif pour moi. En 2010, j’avais failli monter sur la plus haute marche, repris de très près dans le final. En 2009, j’étais aussi l’un des favoris. Donc ça faisait déjà quelques années que je tournais autour. Les championnats du monde étaient clairement un objectif. Il a fallu attendre un an de plus pour devenir champion du monde, mais c’était dans mes cordes. Après, on a commencé à parler du Tour de France, et là, j’ai toujours pu répondre de manière réaliste en disant que ce n’était pas possible.
Il y a eu beaucoup d’attentes, et quand on gagne de grandes courses comme ça, les gens s’attendent toujours à plus, parfois même à trop. Et c’était le cas quand on a commencé à parler d’une victoire sur le Tour, ou d’un podium. J’ai dit que c’était totalement insensé de ne serait-ce qu’imaginer ça, parce que je n’avais pas les capacités physiques, ni mentales. Et voilà, ça s’arrêtait là.
QUELLE PLACE OCCUPE LA VICTOIRE DANS LA DOYENNE DANS VOTRE CŒUR ? EST-CE QUE C’EST LA PLUS BELLE, OU CELLE QUE VOUS VOULIEZ JUSTEMENT LE PLUS ?
Philippe Gilbert : Oui, c’est celle que je voulais absolument. Donc pour moi, elle occupe une place énorme, parce qu’elle représente beaucoup. Je suis né à Verviers, mais j’ai vécu ici, à Remouchamps. Donc pour moi, c’est vraiment la course du village, avec la Redoute qui est en plus devenue le juge de paix de Liège depuis trois ou quatre ans. J’ai toujours eu énormément de passion et de rêve pour cette course, et je voulais la gagner. Au début, je ne savais pas si c’était possible. Mais quand j’ai commencé à m’en rapprocher, à faire des tops 10, je me suis dit qu’un jour je la gagnerais.
Et puis en 2011, ça a été la consécration. C’était vraiment un moment incroyable. Et puis j’ai eu la chance de vivre ça avec une intensité incroyable, parce que j’avais déjà gagné beaucoup avant, le public était présent, il faisait très beau, la météo était magnifique, il faisait 25 degrés, presque une journée estivale. Tous les éléments étaient réunis pour en profiter pleinement.
IL Y A CE PASSAGE DANS LA REDOUTE QUI A DÛ VOUS MARQUER…
Philippe Gilbert : Oui, mais j’ai vraiment essayé de me détacher de tout ça, je me souviens, rester dans ma bulle, parce qu’il y avait beaucoup de pression. Les gens, tout le monde essayait de me contacter, de me voir, tout le monde voulait que je gagne, évidemment. Donc je savais que si je finissais deuxième, ça aurait été une catastrophe. Sportivement, ça aurait été quelque chose d’incroyable, mais pour le public, ça aurait été une catastrophe médiatique aussi. Finalement, je n’avais pas le droit à l’échec ce jour-là, et je suis heureux d’avoir réussi, parce que je pense que ça aurait été un très mauvais moment à vivre.
Y A-T-IL UN MOMENT DANS LA COURSE, DURANT CETTE JOURNÉE, QUI VOUS MARQUE ENCORE AUJOURD’HUI ? UNE IMAGE QUI VOUS REVIENT QUAND VOUS PENSEZ À CETTE COURSE ?
Philippe Gilbert : Oui, pour moi, c’est vraiment le moment où les frères Schleck passent à l’attaque au pied de la Roche-aux-Faucons. Là, c’était l’action rêvée, parce que moi, je savais que je ne voulais pas attaquer. C’était ma tactique du jour. J’étais sûr de mon sprint et de mon final. Donc je savais que les autres devaient attaquer. Les voir attaquer à cet endroit-là alors que j’étais vraiment dans leur roue, c’était du pain béni. Ils ont finalement fait le plus dur, parce qu’on s’est retrouvés isolés grâce à eux. Rodríguez et Moreno, qui étaient aussi deux dangers, ont été éliminés sur leur accélération.
Et je me suis retrouvé avec les adversaires les plus simples à battre ce jour-là, parce que Rodríguez était un coureur avec un gros punch, capable de m’attaquer dans le dernier kilomètre et de me mettre en difficulté. J’étais donc en très bonne compagnie, et à partir de ce moment-là, j’ai vraiment vu mes chances augmenter. J’ai d’ailleurs collaboré directement avec eux pour cette raison. Mais je craignais jusqu’au bout une crevaison, un problème, parce qu’il y avait encore à l’époque des secteurs pavés tout à la fin, à environ cinq kilomètres de l’arrivée. Et j’ai presque choisi pavé par pavé l’endroit où je mettais ma roue, parce que je ne voulais pas vivre ce genre de mésaventure.

N’Y A-T-IL PAS UN PETIT REGRET EN SE DISANT QUE VOUS AURIEZ PU GAGNER PLUSIEURS FOIS PUISQUE VOUS AVEZ FAIT PLUSIEURS TOP 10 ?
Philippe Gilbert : Oui, j’ai toujours rêvé de gagner à nouveau à Liège. Et j’aurais aimé avoir le parcours d’aujourd’hui, avec la Roche-aux-Faucons et cette descente vers Liège, parce que là, je pense que j’aurais été beaucoup plus présent dans le final, avec beaucoup plus de chances. Les Liège que j’ai disputés se résumaient presque à une course de côte. Valverde et son équipe cadenassaient la course, et pourtant, sur le papier, ce final me convenait.
Mais il y avait toujours des coureurs un peu plus forts, ou d’autres qui n’ont pas été, ou qui ont même parfois été pris par la patrouille. Oui, malheureusement, dans ma carrière, j’en ai croisé beaucoup. Et il faut vivre avec. Mais c’est comme ça. Si on va par là, Riccò en 2007 à Milan-San Remo, c’est pareil. J’en ai croisé, ça fait partie du sport.
DONC… ACCEPTATION MALGRÉ TOUT…
Philippe Gilbert : Oui. On sait que le sport est comme ça, en général. Et je pense que ça fait partie des regrets liés à certains choix personnels, d’avoir suivi une certaine ligne de conduite. Mais je n’ai pas de regret. Je sais que mes succès ont une valeur énorme, et je suis fier de toutes mes victoires.
QUAND VOUS PENSEZ A TOUTES VOS VICTOIRES, LAQUELLE PASSE AU-DESSUS DES AUTRES ?
Philippe Gilbert : Pour moi, c’est simple : les championnats du monde. Déjà, devenir champion du monde, c’est le symbole numéro un du cyclisme, parce qu’on porte ce fameux maillot arc-en-ciel, qui représente les continents pendant une année entière. Et j’ai surtout eu la chance d’être champion du monde presque à la maison, parce que Valkenburg se trouve à environ 80 kilomètres de Remouchamps. Honnêtement, c’est dingue, parce que j’ai pu emmener pratiquement tous mes amis, ma famille, mes fils. On a fait le parcours ensemble, et je peux leur expliquer : voilà, ce jour-là, c’était comme ça, etc.
Je suis très ami avec Thor Hushovd, qui était champion du monde en Australie, mais je pense qu’il n’est jamais retourné là-bas. Il n’est jamais allé avec sa famille ou ses amis dire : “Regardez les gars, c’est sur cette route-là, devant cette maison, que j’étais champion du monde.” C’est différent. Moi, j’ai vraiment eu ce luxe-là. On y était encore lundi dernier avec mon frère Jérôme, et on a repensé à tout ça, évidemment.

ET TOUT CELA S’EST PASSÉ DANS UN CONTEXTE BIEN PARTICULIER…
Philippe Gilbert : Oui, c’est vrai que 2012 n’a pas été ma plus grande année. J’étais souvent là, mais il me manquait toujours quelque chose au final. Et le printemps a été compliqué, avec des problèmes dentaires, entre autres, qui m’ont coûté beaucoup d’énergie et d’heures d’entraînement. Donc je n’étais pas vraiment à la hauteur. J’arrivais quand même à faire quelques résultats, mais pas de victoire. En revanche, après le Tour de France, j’ai senti que les choses revenaient bien.
J’ai ensuite pu aller sur la Vuelta avec une bonne forme, gagner deux étapes, et puis devenir pratiquement champion du monde du contre-la-montre par équipes, à trois secondes près. Et ensuite, champion du monde sur route. Tout allait bien, en fait, en fin de saison. Puis juste après, je pense que j’étais parti pour gagner un troisième Tour de Lombardie, et malheureusement je suis tombé, avec abandon et le maillot. Donc encore un gros contraste en une semaine de temps.
PARLONS À PRÉSENT DE LA COURSE DE DIMANCHE. POGAČAR EST BIEN ENTENDU LE GRANDISSIME FAVORI. MAIS LA PLACE D’EVENEPOEL, ELLE EST OÙ ?
Philippe Gilbert : Evenepoel reste un excellent coureur de courses d’un jour. Il le prouve encore aujourd’hui, même si moi j’en suis convaincu depuis le début. Mais je pense qu’il a clairement sa place pour Liège, même si Pogačar risque d’être hors de portée quand on voit comment il court et son rendement dès que ça grimpe.
Seixas, c’est l’étoile montante, mais à 19 ans, je me dis que s’il réalise cet exploit sur 265 kilomètres et plus de 4000 mètres de dénivelé, cela serait surprenant de le voir s’imposer… Néanmoins tout est possible dans la vie, mais je me dis que s’il fait ça, ce serait presque trop. Donc, logiquement, il faut mettre Remco devant.
LIÈGE, C’EST AUSSI LA LONGUEUR. PEUT-ÊTRE QU’IL (PAUL SEIXAS) N’A PAS ENCORE LE COFFRE POUR…
Philippe Gilbert : Il a déjà fait un beau Tour de Lombardie l’an passé. C’est quelqu’un qui travaille beaucoup. Il a déjà fait de longues distances, donc son corps est habitué. Mais de là à être vraiment capable de répondre présent dans le final, je veux dire dans les dix ou quinze derniers kilomètres, ce sont eux qui font le plus mal.
Je pense qu’à un moment donné, il devra laisser partir les autres. Surtout avec l’enchaînement des Forges puis de la Roche-aux-Faucons. Après, Liège-Bastogne-Liège peut aussi être une course complètement bloquée avec le vent, parce que le parcours n’est pas dessiné de façon très inventive.
C’est soit vent de dos, soit vent de face. Et quand vous avez une année avec vent de face, ce que j’ai connu à plusieurs reprises, dans les roues, c’est très facile. Là, il pourrait être présent aux côtés des meilleurs très loin dans le final. Mais encore une fois, suivre les meilleurs à la Roche-aux-Faucons, je n’y crois pas.
QU’EST-CE QUI FAIT LA DURETÉ D’UNE COURSE COMME LIÈGE-BASTOGNE-LIÈGE ? VOUS AVEZ ARPENTÉ SES ROUTES DES CENTAINES DE FOIS, VOUS AVEZ GRANDI SUR LE PARCOURS. QU’EST-CE QUI EN FAIT AUJOURD’HUI UNE COURSE SI DIFFICILE ?
Philippe Gilbert : C’est l’usure. C’est une course usante, déjà parce qu’on part au pied d’une montée. Personne n’en parle évidemment, mais c’est l’un des départs les plus difficiles parmi les grandes classiques. On part quand même au pied d’une montée de trois kilomètres qu’on grimpe à fond, en général. Ensuite, on enchaîne avec de nombreuses montées qui ne sont pas répertoriées. Pour aller jusqu’à Bastogne, on a déjà pas mal de dénivelé.
Et au moment de faire demi-tour, on a déjà bien entamé les réserves, sans même s’en rendre compte. C’est là que ça devient difficile, parce qu’on commence à arriver vers Houffalize, et tout d’un coup, on se dit : “Ah ben, ça commence à faire mal, en fait.” Ça vient d’un coup, et on se rend compte qu’il reste encore sept côtes répertoriées. Il y a aussi pas mal de nervosité, parce qu’il faut se placer à chaque fois, donc ce sont des efforts supplémentaires. Puis, à chaque côte, on est un peu moins bien, et à un moment donné, il faut lâcher. C’est ce qui arrive à la majorité des coureurs. Ils doivent souvent céder au train.
Le Rosier est souvent un peu le juge de paix pour beaucoup d’entre eux : ils commencent à devoir lâcher le rythme, et ensuite, dans le final, il n’y a plus que les meilleurs du jour.
C’EST DE L’ACIDE LACTIQUE PUR, EN FAIT, À LA FIN…
Philippe Gilbert : Oui, oui. On a vraiment les jambes lourdes. C’est vrai que Liège, on finit vraiment râpés.
REVENONS MAINTENANT SUR UN ÉPISODE DE VOTRE APRÈS-CARRIÈRE. VOUS AVIEZ ESPÉRÉ DEVENIR SÉLECTIONNEUR DE L’ÉQUIPE NATIONALE, C’EST TOUJOURS QUELQUE CHOSE QUI POURRAIT VOUS INTÉRESSER DANS LES ANNÉES FUTURES ? EST-CE QUE ÇA POURRAIT VRAIMENT VOUS TENTER, COACH NATIONAL CHEZ LES PROS ?
Philippe Gilbert : Oui, parce que la Belgique, pour moi, c’est la nation du cyclisme. On est capables d’aligner des vainqueurs potentiels sur tous les parcours. Je pense que dans les cinq ou six prochaines années, la Belgique sera systématiquement favorite. On a les meilleurs sprinteurs, Philipsen, Merlier, et d’autres. On a Van Aert, qui est un vrai passe-partout. On a Remco, capable de gagner sur les parcours les plus difficiles, avec 4000 mètres de dénivelé et plus, il est capable de répondre présent. Donc on a vraiment des coureurs de grande qualité, capables de gagner partout. C’est clairement un luxe.
Être coach national quand tu as un creux en termes de qualité de coureurs, c’est moins intéressant, évidemment, parce qu’il ne faut pas oublier que ce n’est pas le coach qui fait la différence, ce sont les coureurs. Mais faire partie de l’aventure, ça m’aurait plu car pour les coureurs, je pense que c’est intéressant et valorisant pour eux d’être coaché par un coureur qui a quand même un palmarès intéressant. Maintenant, tout a été fait pour que je ne le sois pas, et c’est dommage.
CÔTÉ TACTIQUE, ON S’EST DÉJÀ INTERROGÉ SUR LES STRATÉGIES MISES EN PLACE…
Philippe Gilbert : Oui, je suis d’accord. Et au-delà de ça, la prestance, le calme qu’un coach peut apporter à ses coureurs, c’est important. J’ai connu beaucoup de coachs différents en équipe nationale, et certains étaient bien meilleurs que d’autres. José De Cauwer, pour moi, était l’un des meilleurs. Kevin De Weert, presque au même niveau. En dessous de ça, on a eu des gens qui étaient parfois moins bons.
PEUT-ÊTRE TROP NERVEUX FACE AUX ENJEUX ?
Philippe Gilbert : Oui, mais en général, c’est aussi un énorme manque de communication. Et ça, c’est plutôt mon point fort. J’aime être en communication avec les gens avec qui je travaille. Je pense donc que, sur ce plan-là, j’aurais pu être très bon, même au niveau de la motivation des coureurs.
(Propos recueillis par Olivier Gilis et Matthieu Henroteaux)


Photo d’illustration : Christophe Karaba
